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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Les Davidées

Publié par Jean-Pierre Bacot sur 3 Novembre 2014, 11:30am

Catégories : #post

Les Davidées

Tout le monde contribue à signaler le centenaire du début de la grande boucherie de 1914-1918, Critica Masonica souligne le rôle important des institutrices.... les Davidées

Pendant la Grande Guerre, sauver les institutrices de l’influence laïque et franc-maçonne.

 

Nous sommes en 1916 ou 1917, la mémoire en est presque effacée. Les hommes sont au front, mais pas tous les prêtres. Certains d’entre eux vont  profiter du moment pour tenter d’attaquer la laïcité, déjà bien installée dans l’école publique, par les femmes. Ces femmes, nombre de progressistes leur refusent alors et pour longtemps encore le droit de vote à cause de l’influence que les religieux exerceraient sur elles. Il est pourtant une catégorie qui résiste à l’emprise cléricale, celle des institutrices qui, du fait de la guerre, sont bien plus nombreuses que les hommes à assurer l’enseignement primaire et qui ont été formées dans des écoles normales par des hussards noirs de la République.

C’est une fiction qui va décider quelques militants catholiques des Basses Alpes, à Barcelonnette à lancer l’offensive. Davidée Birot est le personnage principal  du roman que René Bazin a publié chez Calmann-Lévy en 1912. Institutrice publique, fille d’un franc-maçon, la jeune femme prend en horreur les idées de son père et, au contact d’âmes pieuses, devient une fervente militante cléricale, bénéficiant d’une révélation qu’elle va défendre devant son inspecteur. L’association va s’inspirer du personnage et les militantes seront appeler les Davidées. Elles vont essaimer progressivement à partir du sud de la France.

Un rapport de Marceau Pivert au congrès de la Ligue de l’Enseignement en 1930  fera état d’une implantation nationale destinée à réévangéliser les institutrices coordonnée en partie par des Jésuites : « (…) Plusieurs témoignages permettent d’affirmer que l’association est constituée comme une société secrète. Une profane est d’abord une « violette ». Son admission donne lieu à une cérémonie d’initiation religieuse. Le mot d’ordre est celui d’Ernest Psichari, prendre contre son père le parti de ses pères (…) Une institutrice a-t-elle des chagrins intimes ? Si elle est dans la zone d’influence d’une Davidée fervente, cette circonstance déclenche l’entreprise d’annexion : on l’invite à venir à une réunion où elle rencontrera des amies qui lui feront oublier sa peine, où elle entendra des conférences très intéressantes; on ne lui dit rien de l’objectif essentiel. Peu à peu, si les résistances ne se manifestent pas, on l’invite à remplir ses devoirs religieux (on commence par l’inviter à se confesser). Aussi longtemps qu’il est nécessaire on fait gratuitement le service du Bulletin, on prête des livres tendancieux : on fait un siège en règle, et dans l’isolement intellectuel où se trouvent les jeunes institutrices, dans l’état d’impréparation et d’ « indifférence laïque » où l’on maintient trop souvent les normaliennes débutantes, la victoire cléricale est singulièrement facilitée. Au moment de l’initiation, la nouvelle Davidée souscrit quatre abonnements dont trois sont destinés à des profanes susceptibles d’être gagnées par la même propagande opiniâtre et méthodique.

 

Les Davidées

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