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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Chroniques d'histoire maçonnique. 75ème numéro

Publié par Rédac sur 12 Juin 2015, 15:24pm

Chroniques d'histoire maçonnique. 75ème numéro

Les Chroniques d’Histoire Maçonniques éditées par l’Institut d’Etudes et des Recherches Maçonniques du Grand Orient et publiées par Conform viennent de sortir leur 75ème numéro.

Au sommaire, une monographie signée Alexander Laumond sur une loge d’Epinal, la Fraternité vosgienne, au moment de l’occupation. L’auteur détaille non seulement les systèmes de répression croisés allemands et français, mais aussi les hésitations, les trahisons, les actes de courage, en donnant, trois quarts de siècle après les événements le nom des acteurs de ce drame, relevant que : « Entre les résistants avérés et les collaborateurs attestés, il existe un véritable « marigot » dans lequel d’autres frères se sont empêtrés ou dans lequel ils se sont précipités », note Laumond.

Le dossier de ce numéro de 80 pages (10 euros) est consacré aux hauts grades au XIXe siècle, avec deux articles. Le premier : « Brest 1802 : les francs-maçons écossais et français à la recherche de l’unité maçonnique » est signé Jean-Yves Guengant. Pendant quelques années un chapitre pratiquant le rite de Kilwinning et un autre travaillant au rite français tenteront de se rapprocher dans la ville portuaire. Mais le premier ne recevra jamais des Ecossais d’Edimbourg de réponse à ses demandes d’accréditation et il finira par intégrer le Suprême Conseil et s’écossiser, au sens français du terme. L’intérêt de ce texte est de montrer comment une configuration locale a pu complexifier la concurrence des rites qui sévissait alors entre d’un côté le Grand Orient et son rite français et, de l’autre, l’écossisme venu de Saint Domingue.

Eric Burts traite pour sa part de la « vie et mort des hauts grades à Strasbourg entre 1803 et 1852 » où il décrit le déclin progressif du Rite français et du RER installés en Alsace, au profit du REAA et du Rite de Memphis Misraïm, pour des raison probables d’offre plus alléchante, mais décevante, comme en témoignera quelques décennies plus tard un dépérissement de ces deux variantes dans une sensibilité dominante des maçons strasbourgeois, à la fois rationaliste et défavorable aux hauts grades. L’auteur rappelle au passage que le Convent du Grand Orient ne vota en 1865 le maintien de ces hauts grades qu’avec trois voix d’avance, les chapitres et aéropages ayant alors droit de vote, ce qui donne une majorité réelle nationale hostile aux dits hauts grades à cette époque.

La revue se termine avec un portait par André Combes de « Marie-Alexandre Massol (1805-1875), du saint-simonisme à la morale indépendante ». Cette contribution permet de revisiter l’histoire du mouvement de pensée saint-simonien et montre comment certains adeptes se sont reconvertis dans la franc-maçonnerie. Mais il nous renseigne également, à travers le cas de Massol, sur ce que fut la tolérance de certains républicains qui, juste avant que le Grand Orient abandonne la référence au Grand Architecte, auront préparé ce mouvement en défendant un droit à l’athéisme, tout en restant eux-mêmes croyants, attitude qu'on pourrait dire voltairienne.

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