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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Arthur Machen et les mythes

Publié par Rédac' sur 6 Février 2016, 10:14am

Catégories : #articles

Arthur Machen et les mythes

Georges Bormand

Arthur Llewelyn Jones, dit Arthur Machen, né le 3 mars 1863 à Caerleon-on-Usk dans la commune de Newport au Pays de Galles et mort le 15 décembre 1947 à Beaconsfield en Angleterre, est un écrivain britannique. Du fait de son appartenance, pendant quelques années, à une société ésotérique, société qui, de fait, est assez éloignée de la franc-maçonnerie, Arthur Machen a été le sujet de Arthur Machen entre le Saint Graal et le dieu Pan (de Jean-Claude Allamanche, 2014), livre comportant un certain nombre de défauts de rédaction (répétitions contradictoires et fautes de français) que je ne recommande pas et je me suis basé pour cet article essentiellement sur mes connaissances et lectures personnelles et les pages Wikipedia.

Caerleon, où est né et où a vécu Arthur Llewellyn Jones, est une ville où subsistent la mémoire des Romains, celle des Celtes, et celle du roi Arthur qui y aurait installé sa capitale. Après une enfance solitaire, dans une maison isolée, avec son père pasteur anglican et la bibliothèque de celui-ci, il ne pouvait que baser son œuvre sur les différents mythes qui avaient bercé cette enfance. Et, après avoir vainement tenté d'autres métiers, c'est l'écriture, de contes et nouvelles mais aussi de nombreux articles de journaux qui lui apportera une certaine renommée et une vie souvent difficile, mais finalement assez heureuse.

Il fit ses études à la Cathedral School de Hereford, mais appréciait particulièrement les livres de la bibliothèque de son père et les promenades dans la campagne du Gwent. Il publia un poème mystique, Eleusinia en 1881, puis partit pour Londres où il travailla dans diverses maisons d'édition avant de se consacrer totalement à la littérature.

Employé d’un libraire, il découvrit les écrits de Nicolas Flamel qui orienteront sa passion vers l’alchimie et l’occultisme. Après ses premiers poèmes, il se lance dans quelques traductions qui feront date comme L’Heptaméron de Marguerite De Navarre et Les Mémoires de Casanova.

Pour le libraire qui l'emploie, il publie un Catalogue occultiste en 1885. En 1887, il épouse Amy Hogg, une professeur de musique qui comptait beaucoup d’amis dans les milieux littéraires de Londres. Parallèlement, quelques héritages lui permettent de consacrer davantage de temps à l’écriture. En 1894, il publie son premier roman, Le Grand Dieu Pan, qui fit sensation par son contenu audacieux pour l’époque (scènes d’horreur, évocations de la rencontre intime entre une jeune femme et le dieu de la nature, Pan...). Le livre est interdit dans certaines bibliothèques... mais remporte un franc succès. Il sera traduit en français par Paul-Jean Toulet, avec qui Machen nouera une longue amitié.

Avec Les Trois imposteurs (1895), recueil d’une douzaine de nouvelles connectées entre elles, Machen pose les bases de son univers : d’anciennes puissances démoniaques demeurent cachées dans les campagnes, servies par des peuples oubliés, près de sinistres vestiges romains, dans les quartiers sombres de Londres ou en des bois noirs que les voyageurs évitent. Le peuple des créatures cachées y célèbre des fêtes païennes qui n’excluent pas les sacrifices humains... et ceux qui s’intéressent de trop près à ces rituels, ou aux objets maudits qui s’y rapportent, connaissent des destins horrifiques... Ce livre n'a été traduit que récemment (après une édition partielle en 1968 sous le titre Le Cachet noir, qui comportait trois nouvelles sans le récit qui les lie et les oriente) chez terre de Brûmz, mais cette édition semble introuvable actuellement.

Toutefois, ses livres lui rapportaient peu, et il ne devait sa subsistance qu'à un petit héritage familial.

Après la mort de sa femme en 1899, il rejoignit la société secrète de l'Ordre de la Golden Dawn (Ordre hermétique de l'Aube dorée), et crut pendant un certain temps à la réalité des êtres fantastiques qu'il avait, au départ, traités seulement comme des objets imaginaires et littéraires. Il abandonna un certain temps l'écriture et devint acteur pendant plusieurs années, pour disposer d'un revenu plus stable que celui de ses œuvres littéraires. Il revint à partir de 1912 à sa carrière principale d'écrivain et journaliste. Il s'est remarié en 1903 avec Dorothie Purefoy.

En 1907, dans La Colline des rêves, (parue au Terrain Vague en 1991) il raconte comment un jeune auteur misérable, qui tente d’écrire à Londres son chef-d’œuvre, est hanté par le souvenir d’une vision d’enfance - un récit quasi autobiographique qui passe presque inaperçu à sa parution.

Son travail comme journaliste aux Evening News pendant une dizaine d'années l'amena à créer involontairement, en 1914, la légende des « Anges de Mons ». Il avait publié dans une revue anglaise un récit fantastique, The Bowmen, faisant intervenir les chevaliers de la bataille d'Azincourt menés par des Anges dans la bataille de Mons ; ce miracle imaginaire fut répété et affirmé comme s'étant réellement produit par de nombreux combattants.

Dans The Secret Glory, commencé en 1899 et publié seulement en 1922, dans The Great Return, c'est la légende du Saint-Graal qui va prendre le pas sur le fantastique païen et plus sombre de ses premières œuvres. Plusieurs volumes de souvenirs, au départ publiés à compte d'auteur en Angleterre, en édition librairie aux États-Unis où sa renommée semble mieux établie, s'étaleront de 1922 à 1924, suivis de volumes d'essais divers qui lui permettent de survivre. Il faudra néanmoins une collecte de ses amis pour lui permettre de finir ses jours dans une toute relative aisance, à Amersham dans le Buckinghamshire. Il mourut le 15 décembre 1947 à Beaconsfield, quelques mois après sa seconde femme.

C’est ainsi que ses premières œuvres fantastiques sont hantées par la crainte des autres formes de réalité. Que ce soit dans Le Grand Dieu Pan, dans Le Peuple Blanc (traduction en 1970 chez Christian Bourgois, reparue en 1974 chez Marabout) ou dans des contes plus courts comme La Pyramide de feu (traduite en 1978 dans la Bibliothèque de Babel Retz_Franco Maria Ricci, reparue en 1998 dans la même collection gérée par FMR-Panama, et figurant dans le volume terre de Brume signalé plus loin) ou Les Trois imposteurs : ce qui vient d'ailleurs apparaît menaçant, voire démoniaque. Dans La Colline des rêves, cette terreur laisse place à une certaine nostalgie. Ses œuvres ultérieures, apparemment non disponibles en français, semblent plus orientées vers un mysticisme chrétien, peut-être inspiré par sa seconde femme.

Plusieurs de ses livres ont été publiés récemment par Terre de Brume : Chroniques du Petit Peuple, recueil de nouvelles qui comprend entre autres « La Pyramide de feu » et « Le peuple blanc », en 1998 et 2002 (deux tirages) ; Les Trois imposteurs, en 2002 ; La Lumière intérieure (suivie du « Grand Dieu Pan ») en 2003.

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subodi 10/02/2016 15:41

Bel article et fort bien synthétisé ! On passera outre l'ouvrage de Mr Allamanche (idem pour son Fulcanelli)... Pour Arthur Machen, on peut se référer sur la bonne préface de Roger Dobson dans par exemple: "Chroniques du Petit Peuple - Nouvelles" (Coll - Terres fantastiques, 1998), "Les Trois Imposteurs - Roman - (Terres fantastiques 2002), ...

Julie 07/02/2016 01:51

Merci de nous avoir fait découvrir cet écrivain

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