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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


"Quinzinzinzili", c’est reparti !

Publié par Rédac' sur 15 Mars 2016, 07:00am

Catégories : #livres

"Quinzinzinzili", c’est reparti !

Jean-Pierre Bacot

La revue de l’univers messacquien reparaît après huit mois d’une interruption essentiellement causée par un conflit entre la rédaction et des personnes qui voulaient s’emparer de certains écrits de Roger Messac sous prétexte de libération du droit d’auteur. L’affaire étant aujourd’hui favorablement réglée, Olivier Messac et son équipe nous présentent un numéro 29 (hiver 2016) consacré principalement à Lucien Bourgeois (1842-1947) qui fut l’un des piliers de la littérature prolétarienne. Guibert Lejeune lui consacre un article où il insiste sur Faubourgs, un ensemble de douze récits prolétariens, paru en 1931 aux éditions sociales internationales et qui vient d’être réédité par les éditions Plein Chant. L’auteur mourut dans un total oubli que Guibert Lejeune considère d’autant plus injustifié que ces textes « apportent un témoignage accablant sur la vie des prolétaires parisiens du début du XXe siècle, la condition misérable de leur jeunesse et leur destin ».

La revue reprend également un texte que Régis Messac avait, la même année, consacré à Lucien Bourgeois dans la revue Les Primaires, ainsi qu’une lettre adressée à René Bonnet faisant suite à une rencontre avec Lucien Bourgeois et Henri Poulaille, autre membre important de la littérature prolétarienne de l’époque. Régis Messac y défend une certaine exigence d’écriture qui ne fait pas de cette littérature une simple distraction, mais s’arme d’une volonté d’éveil et de prise de conscience.

Ce numéro reprend également la querelle qui est toujours d’actualité sur l’utilité de l’enseignement des lettres classiques, Étienne d’Issensac regrettant que le débat en forme de procès organisé récemment sur cette question ait tourné à la farce et ait donné l’occasion à des conservateurs de s’exprimer pour ou contre, alors que la question divise aussi des progressistes. Il cite en particulier Jules Lemaître (1853-1914), écrivain et critique dramatique, fieffé réactionnaire, mais pour autant hostile à l’enseignement généralisé du grec et du latin. On pourra lire trois articles de lui datant de 1898 : « Contre l’enseignement classique », « Pour l’enseignement moderne » et « Explications », où ce partisan de l’Action française prend fait et cause pour une éducation qui privilégie le français, comptant sur l’opinion davantage que sur les politiques pour faire avancer cette conception que partageait le très progressiste Régis Messac auteur du célèbre « À bas le latin ! », thématique qu’il illustre dans un article de 1935 publié par la revue Nouvel âge, « La Culture-fétiche », que reprend le numéro de Quinzinzinzili.

"Quinzinzinzili", c’est reparti !

On trouvera également dans cette livraison des nouvelles de Léo Malet, quelques éléments, pas tous réjouissants, du milieu associatif que fédère en quelque sorte Quinzinzinzili, un compte-rendu des Imaginales d’Épinal où il fut traité en colloque du talent de Régis Messac ainsi que de son courage. On rappellera que celui dont la mémoire nourrit cette revue mourut à la fin de la guerre dans un camp nazi sans que jamais son corps ne soit retrouvé. On lira également un article d’Olivier Messac sur un livre d’Albert de Pouvourville, le tome 2 de La Guerre prochaine, alerte sur Paris, paru chez Baudinière en 1935. Ce livre d’un sous-officier de cavalerie, taoïste, occultiste, gnostique, attira l’attention de Régis Messac. Prenant cette publication comme un symptôme des préoccupations de l’État-major, Régis Messac regrettait au passage que soient étouffées les voix des pacifistes.

C’est donc avec d’autant plus d’impatience que l’on attendra les prochains numéros de Quinzinzinzili , surtout parce que l'on nous annonce un matériau proliférant. Pour faire patienter les abonnés, aujourd’hui rassurés sur la pérennité de l’aventure éditoriale, la rédaction leur offre le premier tome d’un livre des éditions Ex nihilo à exemplaires numérotés, Propos d’un utopien où est reprise une sélection d’articles de Régis Messac, avec une préface de Natacha Vas-Deyres, spécialiste incontestée de son œuvre. Cette sélection a été spécialement préparée pour Les Rencontres de l’imaginaire de Sèvres qui se sont tenues en 2015 à partir de textes consacrés à l’utopie littéraire dans Les Primaires.

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lionel maine 22/03/2016 08:45

Je viens de finir QUINZINZINZILI ; quel bonheur !
Je vous remercie de m'avoir fait découvrir cet auteur.
Je vais "aller plus loin" !!!

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