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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Sur « Un Rêve de John Ball », de William Morris, traduit par Marion Leclair

Publié par Rédac' sur 26 Avril 2016, 17:12pm

Catégories : #livres

Sur « Un Rêve de John Ball », de William Morris, traduit par Marion Leclair

Georges Bormand

Faut-il rappeler que William Morris, mort en 1896, était un artiste, mais aussi un industriel (créateur d'une société à succès de papiers peints) et un penseur socialiste engagé, en même temps que considéré comme le créateur de la fantasy moderne avec ses romans parus en Angleterre en fin du XIXe siècle, mais traduits seulement encore partiellement et depuis peu grâce aux éditions des Forges de Vulcain ? Seule son utopie majeure, Nouvelles de nulle part, est parue en français en 1902 (Société nouvelle de librairie et d'édition).

Le titre de ce court roman est ambigu : il ne s'agit pas d'un rêve qu'aurait fait John Ball, sauf au second degré. Le rêve est un rêve de William Morris, imaginant qu'il discute avec John Ball. Mais il faut, d'abord, savoir que John Ball a existé : curé britannique en rébellion contre son évêque, délivré par une révolte de paysans, il a mené, avec Wat Tyler, la Peasant Revolt de 1381 et a conduit les paysans jusqu'à Londres pour présenter leurs revendications au roi. Que cette révolte se soit achevée par l'assassinat de Wat Tyler, l'arrestation, le jugement et la condamnation à mort de John Ball, tout cela n'a pas moins abouti à la disparition du servage, dont le rêveur explique à son interlocuteur imaginaire comment il a été remplacé par l'esclavage du prolétariat affamé et obligé d'accepter des travaux sous-payés ou de chômer.

Il profite de ce rêve pour revoir l'Angleterre du Moyen-Âge, un idéal d’une certaine façon selon William Morris, même s'il voudrait retrouver ce qui existait alors, tout en y introduisant les progrès, ceux réalisés et ceux encore en attente. Et, à son réveil, il rappelle que le combat de John Ball pour la liberté et la dignité de tous est encore présent face aux patrons industriels, nouveaux exploiteurs qui ont pris la place des seigneurs féodaux.

Que penserait William Morris s'il savait que, plus d'un siècle après sa mort, les parasites accapareurs sont toujours les « maîtres » ? Et que le futur meilleur paraît s'éloigner de nouveau ?

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