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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Sur « Les enfants de Salomon . Approche historique sur les compagnonnages et la franc-maçonnerie » par Hugues Berton et Christelle Imbert (Dervy, 2015)

Publié par Rédac' sur 25 Juillet 2016, 22:24pm

Catégories : #livres

Sur « Les enfants de Salomon . Approche historique sur les compagnonnages et la franc-maçonnerie » par Hugues Berton et Christelle Imbert (Dervy, 2015)

Nous reviendrons dans un prochain numéro de la revue Critica Masonica sur cet ouvrage de plus de 930 pages qui fait le point sur l’histoire d’une fraternité ouvrière trop peu documentée, souvent faute de sources. Les auteurs en ont mobilisé une quantité impressionnante pour traiter en profondeur des mythes et des rites compagnonniques et envisager les allers-retours qui ont eu lieu avec la franc-maçonnerie, notamment pour alimenter le deuxième degré commun à tous les rites, mais aussi pour maçonniser les rituels du renouveau du compagnonnage français au XIXe siècle.

Dès la préface du livre de Pierre Mollier et Jean-Michel Mathonière, on comprend que les auteurs vont se mettre dans les pas de Douglas Knopp et G. P. Jones qui furent parmi les premiers à inclure le développement de la franc-maçonnerie dans une histoire sociale. Hugues Berton et Christelle Imbert en font de même pour les corporations de métiers et ce qu’elles ont choisi comme corpus de rites et de symboles. L’aspect organisationnel des fraternités de métiers n’est pas oublié, pas davantage que les Old Charges dont le plus ancien manuscrit, le fameux Régius date de 1390 et les statuts de William Shaw à l’extrême fin du XVIe siècle. « Au cœur des catéchismes et des rituels maçonniques », les auteurs détaillent « un contexte spiritualiste et mystique » fortement marqué par un christianisme imprégné d’éléments judaïques.

En revanche, à moins que cela nous ait échappé, l’inscription des univers compagnonnique et maçonnique dans un contexte de lutte de classes n’est pas envisagé. Cela aurait permis de mieux inscrire cette affaire dans l’histoire sociale invoquée, y compris pour ce qui est de définir une sorte d’aristocratie ouvrière. On ne trouvera pas mention non plus des fraternités populaires anglo-saxonnes comme les Odd Fellows ou les Foresters qui plongent pourtant dans le même univers mythique, rituel et symbolique que celui qui nous est longuement détaillé. Citons un exemple extrait du rituel de réception de compagnons cordonniers du devoir de liberté (1845) de ce qui aurait pu illustrer un tel propos, tout en restant dans le registre symbolique (p. 830)

D. « Savez-vous pourquoi nous portons une canne ?

R. « Non »

D. « C’est parce que depuis notre persécution, on nous a interdit le droit que Salomon nous avait donné en nous déclarant libres, celui de porter l’épée. »

Quant aux 400 pages d’annexes comportant force textes, dont certains sont peu connus, cet ensemble documentaire commence par une page en latin, non traduite, avant quelque autres en un ancien français qui demandera quelque effort au lecteur et un peu d’anglais. Une telle lecture se mérite.

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