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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Franc-maçonnerie anglaise, la beauté des ruines

Publié par Rédac' sur 30 Novembre 2016, 13:47pm

Catégories : #livres

Rédac'

On ne saurait trop conseiller à nos lectrices et lecteurs d’aller voir de temps en temps ce qu’écrit Roger Dachez sur son blog « Pierres Vivantes », auquel il est possible, comme pour le nôtre, de s’abonner gratuitement. L’historien réputé de la franc-maçonnerie française s’intéresse également à ce qui se passe Outre-Manche dans cette maçonnerie dont certains se réclament sans trop regarder de quoi il retourne chez elle en cette période de déclin avéré. Au grand maximum 200.000 membres enregistrés, mais une réalité de présence située bien en dessous. La France a définitivement dépassé la Grande-Bretagne, quantitativement parlant et sociologiquement, la gentry a déserté les colonnes du temple.

Roger Dachez est allé lire pour nous le dernier numéro, daté de septembre, d’un bimensuel réputé, The Square (l’équerre), une revue érudite et indépendante, anciennement dénommée Masonic Square, qui nous éclaire sur ce qui se passe de l'autre bord du channel.

On y lira d’abord avec intérêt une discussion sur l’exposition consacrée à la franc-maçonnerie qui s’est tenue récemment à la Bibliothèque nationale de France. La déception des visiteurs britanniques  mentionnée dans la revue est jugée par notre historien bien sévère, eu égard au travail de mémoire réalisé. Mais c’est un autre article qui attirera notre attention : la description terrible du travail en loge faite par une personne qui a démissionné. Citons la traduction que propose Dachez :

« C’est trop hiérarchique. Les décisions sont juste prises et imposées – et pourtant je payais pour appartenir à ça (...) Les rituels sont désuets et souvent franchement stupides. Beaucoup les récitent mais n’y croient pas. Par exemple, j’en connais plein qui ne croient pas en Dieu (...) C’est beaucoup trop religieux – si je veux la Bible et des prières, je vais à l’église (...) Tout y prend beaucoup trop de temps. Ça peut prendre toute votre vie (...) Les repas [après les tenues] sont mauvais et les discours [qui se font habituellement à ce moment-là dans les loges anglaises] encore pires, et c’est la même chose à chaque fois (...) Les membres ne comptent pas dans la société en général. La plupart ne sont rien du tout. Certains sont même pires – nous avions deux alcooliques dans ma loge et un autre s’est suicidé (...) Les membres [des loges] sont vieux et figés dans leurs habitudes. Je n’ai pas envie de passer mes soirées avec de vieux hommes  pédants ».

Roger Dachez nous suggère que la situation ne serait guère plus reluisante dans une partie de la maçonnerie française aujourd'hui. À voir… « La maçonnerie en France a une chance et une faiblesse : la multiplicité des Rites et des Obédiences », écrit-il.  On ne peut qu’aller dans son sens, mais quant à la force uniquement. Pour ce qui est de la diversité, on a vu ce derniers temps, qu'elle était en permanente construction.

Si nous avons choisi de reprendre cette vision pour nos propres lecteurs, au deuxième degré, c’est qu’un phénomène nous semble en train de naître, de l'ordre de la nostalgie. Il existe des maçons érudits britanniques ou nord-américains, voire australiens ou néo-zélandais, pratiquant une infinité de degrés, autant qu’analystes et que l’animateur de « Pierres vivantes » est l’un des rares à fréquenter assidûment au sein d’une petite communauté d’éclairés. Mais il en sera bientôt de la maçonnerie anglaise ou écossaise comme des Églises occidentales. On dissertera de leur beauté sur leurs ruines, en néo-romantiques affirmés, on magnifiera les derniers des Mohicans et les symbolistes disserteront sur le fait qu’il manque décidément à l’équerre, si elle est esseulée, l’ouverture du compas.

Pour ceux qui passeraient par Londres, une interview de Diane Clements, une femme qui dirige la bibliothèque et le musée de la Grande loge unie d'Angleterre, institution intégrée au Freemason's hall, dans le dernier numéro de Franc-maçonnerie magazine (n° 51, octobre-novembre 2016) permet de constater que cela commence à sentir la naphtaline, respirée par quelque 30.000 visiteurs par an, alors que la Grande loge unie qui comptait jusqu'à un million et demie d'adhérents au début des années 1960 n'atteint plus les 200.000.

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Lionel MAINE 30/11/2016 16:11

Des "réguliers" qui ne croient pas en dieu ... "shocking" !!!

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