Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Manoubia Ouertani: une féministe tunisienne oubliée

Publié le 5 Novembre 2016, 10:19am

Catégories : #calendrier

Dans la revue Leaders du 25 octobre 2016, la journaliste tunisienne Nejiba Belkadi a rendu un vibrant hommage à une féministe oubliée, Manoubia Ouertani laquelle, en 1924, nous dit-elle «osa se dévoiler en public dans un geste émancipateur à la fois artistique et politique ». L’occasion de se souvenir de cette action d'éclat a été donnée le 22 octobre avec l’ouverture à la galerie el-founoun ( la maison des arts) du Belvédère, à Tunis, d’une exposition de la peintre Fayza M’rabet Daldoul, intitulée « Racines » (jusqu’au 6 novembre).

L'article nous rappelle qu'en janvier 1924, Manoubia Ouertani, issue d’une famille tunisoise éclairée, assistant à une conférence sur le féminisme au club littéraire L’Essor s’est brusquement levée, avançant vers la tribune et, le visage découvert, a dénoncé l’oppression dont étaient victimes les femmes dans son pays. La photographie reproduite en tête d’article montre qu’elle n’était pas seule et nous remercions s par avance celui ou celle qui pourrait nous renseigner sur les oubliées de l'histoire.

À l’entrée de la salle d’exposition se trouve justement cette photographie où, citons la journaliste, « aux côtés d’une ribambelle de femmes voilées de blanc, la dévoilée Manoubia Ouertani, arbore impudemment un drapeau tunisien plus grand qu’elle. Une image-choc, tristement non-célèbre, et qui ouvre le bal d’une série de tableaux peints au stylographe, à l’encre de chine et en lavis, avec parfois des tracés à la plume. Représentant avec abondance des arbres aux racines ondulantes et aux rameaux sinueux, les peintures de Fayza M’rabet font apparaître en creux des corps plantureux de femmes dont les formes avantageuses se confondent avec les arborescences. Tantôt recouvertes de sépia, tantôt colorées, la soixantaine d’œuvres exposée jusqu’au 6 novembre a donc été l’occasion de rendre un vibrant hommage à la liberté du corps et à celle qui se trouve à la racine de sa création : la Femme. Ou, plus justement, les femmes. Car les corps vaporeux que l’on voit prendre chair au milieu de la broussaille sont multiples : ils sont les extensions nombreuses du corps de Manoubia Ouertani, que la peintre considère comme la matrice qui se trouve à la racine nourricière de l’arbre-féminisme ! »

« Il ne s’agit pas uniquement d’un hommage à la libération de la femme tunisienne », nous explique encore Fayza M’rabet Daldoul. En effet, « Il est également question de la liberté du corps et de celle de l’esprit, à travers lesquelles j’ai voulu encenser l’essentiel combat pour la liberté de la Tunisie. Un combat qu’il faut sans cesse réactiver par les temps qui courent ! ».

Ajoutons, pour paraphraser les déclarations de l’artiste, que Manoubia Ouertani est hélas enfouie dans l’oubli où ont sombré des générations de femmes tunisiennes qui ont pourtant poursuivi sans relâche un combat contre la servitude et le cloisonnement du corps. Pire, ce geste révolutionnaire et fondateur est à peine évoqué dans les écrits restituant l’histoire du féminisme tunisien. Cette lacune est d’autant plus malvenue que la féministe tunisienne militait également, dans ce même élan émancipateur pour la liberté d’un pays passé sous le joug de la colonisation française. Anticolonialisme et féminisme apparaissent bien comme deux aspects insécables d'une logique d'émancipation, leçon à retenir.

[Un grand merci à l’ami Mustapha d’avoir attiré notre attention sur cet événement culturel et politique]

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Le démocrate 06/11/2016 15:53

Arsène :
journal.alternatives.ca/spip.php?article70563 déc. 2012 - Au cours des années 1924 et 1929, deux interventions de Menchari et de la militante féministe Manoubia Ouertani suscitent le scandale ...

Jules 06/11/2016 15:54

merci

Arsène 06/11/2016 11:28

pas trouvé trace

Le démocrate 05/11/2016 12:17

Voir aussi "Le journal des alternatives" sur le blog: journal.alternatives ...

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents