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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos d’« Ardentes Lumières », n° 213 d’« Humanisme »

Publié par Rédac' sur 2 Novembre 2016, 13:16pm

Catégories : #livres

Rédac'

Les auteurs de la dernière livraison de la revue du Grand orient de France, Humanisme (n° 312, août 2016), ont choisi de camper sur des positions modernes, en héritage assumé des Lumières, contre les attitudes qualifiées de post-modernes.

Présenté par Samuel Tomeï, le dossier est animé par Marc Riglet. On lira d’abord, sous la plume de Roland Desné, un extrait du chapitre IV de L'Histoire de la Philosophie française au XVIIIe siècle, dirigée en 1972 par François Chatelet.

Charles Coutel souligne ensuite l’apport de Kant et de Condorcet. Dans un entretien avec la rédaction, Serge Déruette revient sur le curé Meslier, prêtre athée, apôtre de la critique religieuse. Quant à François Chauvin, il avance vers l’époque romantique pour évoquer le souvenir de Paul-Louis Courrier (1772, 1825), « le pamphlétaire assassiné », qui fut un grand styliste de la langue française. Marc Riglet règle son sort à « la misère de l’idéologie post-moderne » et exécute au passage scandaleusement Michel Foucault en quelques lignes. Philippe Foussier traite enfin de ce qu’il considère comme « la lente déconstruction de la citoyenneté républicaine », juste avant que Mathieu Bock-Côtés s’en prenne à la logique dite de « l’accommodement raisonnable » à l’anglo-saxonne et au « multiculturalisme identitaire », jugés peu démocratiques. Des notes de lecture complètent le numéro, dont certaines sont liées au dossier.

On lira également, avec une interview du Grand maître Daniel Keller, plusieurs autres articles : une réflexion sur la société civile (Jean-Michel Muglioni), un retour sur le centenaire jugé scandaleusement traité de la bataille de Verdun (Jean-Pierre Sakoun), la conquête du sens caché dans le Big data (Hervé Cuillandre), la nécessité de restaurer la dimension politique de la République (Alexandre Dorna).

Sans doute est-il bon que la pensée post-moderne, passablement molle, très prisée de certains maçons, dont les auteurs du numéro ont eu la charité républicaine de ne pas citer certains, soit mise en cause et critiquée dans ses fondements souvent réactionnaires. Mais encore faudrait-il ne pas se contenter de revenir sur de l’archi-connu et poursuivre, pour notre époque, une réflexion sur la permanence de l’idéal d’émancipation des Lumières et sur l’universalisme non comme acquis, mais comme horizon. Rien n’est dit des femmes, on s’en étonnera à peine, rien des tensions nées du passé colonial, ni du développement du libéralisme dans sa dimension économique aliénante. Ce n’est pourtant pas renoncer aux Lumières, bien au contraire, les recherches de Stéphane François que  ce blog et notre revue Critica masonica ont relayées en témoignent, que de s’inspirer de la pensée plus que féconde, réflexive, opérative de Foucault par exemple Et c’est aller un peu vite en besogne que de renvoyer à la postmodernité tout ce qui a avancé dans un autre horizon culturel que le nôtre et  en serait ipso facto suspect.

On ne prendra pas argument du fait que ce numéro reprenne une circulaire adressée aux loges par le Conseil de l’ordre en 1916, pièce historiquement fort intéressante, pour conclure que cette livraison exhale un parfum de IIIe République.

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Arsenic 05/11/2016 19:06

Maffesolli, soyons charitables, mais ce n'est pas le penseur le plus rigoureux du moment!
Le Grand orient semble d'ailleurs en être revenu.

Glorieux 04/11/2016 14:25

Je suis, personnellement attaché à la notion de post-modernité tel que le défini Michel Maffesoli. Je n'ai pas lu ce numéro, (ça ne saurait tardé). Merci pour ce commentaire progressiste, mot qui est le fondement de la FM. Allons de l'avant sans oublier l'arrière.

Rédac' 03/11/2016 20:27

Pan sur le bec... c'est corrigé!

db 03/11/2016 10:35

Charles Coutel, je présume, et pas Coutet...

357 02/11/2016 13:23

J'ai personnellement trouvé ce numéro désolant et intellectuellement malhonnête. Humanisme devient de plus en plus illisible.

lazare-lag 05/11/2016 05:59

Souvent, pas qu'ici) 357 a recours à des qualificatifs lapidaires qui se veulent ou, pour le moins, peuvent s'interpréter comme étant définitifs.
Pourquoi ne pas développer? En quoi ce numéro est-il désolant? Sur quoi s'appuie l'intellectuellement malhonnête? En quoi consiste l'illisibilité dénoncée?
C'est d'autant plus surprenant que, sur son propre blog, il a consacré une longue intervention à cette dernière parution d'Humanisme. Il aurait pu ici y renvoyer, la citer ou reprendre ses arguments ailleurs présentés.
C'eut été plus constructif.
Exposer ainsi son avis en formules expresses, rugueuses, abruptes, non argumentées ne peut que laisser le lecteur sur sa faim. Dommage

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