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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos de « Amateur d’insolite et scribe de miracles : Jacques Bergier (1912-1978) » par Marc Saccardi

Publié par Rédac' sur 10 Mars 2017, 22:20pm

Catégories : #livres

Jean-Pierre Bacot

Préfacé par Philippe Marlin, ce livre de Marc Saccardi qui date de 2008 a été réédité en 2014. Comme nous avons traité sur ce blog à plusieurs reprises du Matin des Magiciens et de la revue Planète, nous ne pouvions pas éviter d’en rendre compte.

L’ouvrage, fruit d’un travail universitaire réalisé en 1991, permet de constater que Jacques Bergier, né Yakov Mikhaïlovitch Berger en 1912 à Odessa, en Ukraine, dans une famille juive, fut un personnage plus sympathique que son ami Louis Pauwels avec qui il  réalisa en 1960 Le Matin des Magiciens. Authentique résistant, en France et en Allemagne, déporté, Bergier produisit après sa libération une étonnante analyse du fonctionnement économique du camp de Mauthausen, puis s’occupa de services spéciaux, profitant de sa connaissance de plusieurs langues, avant de se lancer dans l’édition et d’accéder brusquement à la notoriété. Le livre fournit à la fois une biographie et une bibliographie du personnage, s’appuyant sur l’œuvre prolifique, comme sur les archives.

Le plus intéressant pour les connaisseurs du moment Planète, revue qui vécut de 1961 à 1971, dont Bergier et François Richaudeau furent les fondateurs avec Louis Pauwels, réside dans un extrait de ses mémoires semble-t-il inédites, proposé par Marc Saccardi, qui démontre que Bergier fut rétrospectivement très critique sur cette opération. Considérant l’entreprise comme relevant d’un amateurisme désolant contre lequel il ne put efficacement lutter, Bergier note également que le lectorat pourtant massif (65 000 exemplaires dès le premier numéro) de la revue se montra particulièrement atone quand la publication fut attaquée de toute part.

On lira aussi avec intérêt une entrevue de Marc Saccardi avec Philippe Druillet, auteur de bandes dessinées et illustrateur, réalisée en 1991 autour du souvenir de Bergier, mais aussi celui de Howard Philips Lovecraft (1890-1937). Philippe Druillet fut en effet l’introducteur de l’œuvre de Lovecraft en France. Jean-Luc Buard a montré que la correspondance supposée entre Bergier et Lovercraft aura été purement inventée.

Les dernières lignes montrent à ce propos ce qui en fut, pour Philippe Druillet, du rapport de Bergier à la vérité: “ Il a eu le talent d’écrire ses livres à partir de ses propres fantasmes et à partir de certaines réalités auxquelles il avait accès. Et la vérité de Bergier, c’est ça, parce que je vais te le dire ; il a menti à cinquante pour cent, même à quatre vingt pour cent. Le créateur qui a inventé un monde le voit vrai, tout en sachant très bien qu’il est faux ; et là, le poète l’emporte sur la réalité. C’est ce qui pour Bergier a fait son talent, sa légende personnelle ”.

Faut-il donc faire de Bergier l'un des ancêtres de la post-vérité et de tout ce qui éclate avec Donald Trump? La question est ouverte...

Commenter cet article

1 avril 28/03/2017 12:57

Ouvrage moyen ... Pour le reste "on peut se trumper" a tout bon !

on peut se trumper 11/03/2017 17:57

Il est intéressant de voir comment le mélange de vérité et de mensonge peut s'avérer dangereux, d'autant plus que les auteurs de ce cocktail peuvent être sympathiques.

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