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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos du n°33 de « Quinzinzinzili »

Publié par Rédac' sur 11 Mars 2017, 23:32pm

Catégories : #livres

Rédac'

Le dossier du n°33 de Quinzinzinzili, bulletin trimestriel des amis de Régis Messac est consacré à l’attitude des auteurs d’anticipation et de science fiction dans la France occupée. Natacha Vas-Deyres montre, force exemples à l’appui, que l’ensemble du spectre idéologique fut représenté, comme ce fut le cas pour le reste du monde littéraire. Plusieurs auteurs comme René Barjavel furent inquiétés à la Libération avant d’être blanchis, souvent parce qu’ils avaient mené un double jeu. Quant à Roger Messac, il écrivit entre 1939 et 1942 un Pot-pourri fantôme qui ne fut publié qu’en 1958 et qui constitue un pamphlet contre la collaboration.

Didier Reboussin étudie le cas de B.R. Bruss auteur à succès de la collection Anticipation. Sous son vrai nom de René Bonnefoy, il fut un fidèle second de Pierre Laval et occupa le poste de secrétaire général à l’information. Relégué à un second plan à la fin de la guerre, il fut cependant condamné à mort par contumace. En 1954, la justice le condamna  à cinq ans de dégradation nationale. S’il  ne pouvait plus occuper de poste de fonctionnaire, il publia en 1946, sous son principal pseudonyme, Et la planète sauta, probablement écrit pendant la guerre, puis de nombreux romans à partir de 1954, sous divers  noms de plume.

Quant à Pierre Benoit, il revient à Pierre d’Issensac d’en tracer le portait politique et littéraire. Grâce à Jean Paulhan et Louis Aragon, cet écrivain ne fut guère inquiété et Henri Filipacchi, lui aussi compromis et fondateur du Livre de poche en 1953, fera de son Königsmarck le premier volume de cette collection qui connaitra le succès que l'on sait. Son roman l’Atlantide sera plusieurs fois adapté au cinéma. Un article de Marcel Lapierre paru en 1932 dans Les Primaires, la revue de Régis Messac, traite des deux adaptations de Pabst et de Feyder.

Le magazine publie également un texte de Messac hostile à Pierre Benoit qui montre comment L’Atlantide aura déterminé la carrière de cet écrivain nationaliste et parallèlement journaliste globe-trotter, le futur résistant estimant que ce roman fait appel « aux aspirations les plus profondes de l’âme bourgeoise : exotisme, chauvinisme, religiosité, érotisme ».

Guibert Lejeune s’intéresse pour sa part à ce que fut l’activité de romancier et de traducteur de Messac après la fermeture des Primaires, travail incessant dont on connaît le détail grâce à la correspondance très peu personnelle échangée entre Régis et son fils Ralph. Un large extrait de ces lettres est proposé, d’octobre 1942 à mai 1943.

Un autre article, signé Jean-Louis Touchant, qui vient de disparaître relève d’une recension des écrits de Victor Serge, L’extermination des Juifs de Varsovie et autres textes sur l’antisémitisme, rédigés entre 1938 et 1941 qui vient d’être réédité avec une préface de Jean Rière.

In fine, Anne Gabriel nous offre pour terminer un certain nombre de notes de lectures sur des ouvrages traitant de l’occupation et de la collaboration. Elle a la gentillesse de citer notre revue à propos de la recension de Julien Vercel ayant porté sur le livre d’Emmanuel Pierrat Les Francs-maçons sous l’occupation.

Ce numéro de Quinzinzinzili nous montre que les écrivains ne furent pas tous irréprochables en cette époque troublée et propose sur cette situation en clair-obscur un éclairage original en ce qu’il scrute, comme à l’habitude dans cette revue si originale, un monde à la fois progressiste et populaire, fort peu fréquenté par la recherche.

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JPB 14/03/2017 11:25

Extrait de la recension du livre de Dufay dans la revue l'Histoire, octobre 2000:

"Ils étaient trois, en ce matin du 4 octobre 1941, sur le quai de la gare de l'Est. Trois écrivains reconnus : Marcel Jouhandeau, Ramon Fernandez, Jacques Chardonne. Ils partaient pour l'Allemagne, sous la férule de Gerhard Heller, officier allemand chargé d'entretenir de bonnes relations entre les deux pays, en d'autres termes d'apporter à l'Allemagne triomphante la caution intellectuelle des vaincus — pour ce qu'elle valait.
Ce voyage dura un peu moins d'un mois. Les premiers partis furent rejoints par Abel Bonnard, André Fraigneau, Pierre Drieu La Rochelle, Robert Brasillach."

tatillon 13/03/2017 12:21

Qui sont les personnages sur cette photo?
Prise au départ ou au retour?
Légende nécessaire, d'autant que ce n'est pas une légende

Rédac' 13/03/2017 19:29

Cette photographie rend compte du voyage d'écrivains français en Allemagne. D'après "Le voyage d'automne. Octobre 1941, des écrivains français en Allemagne" de François Dufay (Plon, 2008), ces écrivains de 1941 étaient: Ramion Fernandez, Marcel Jouhandeau, Jacques Chardonne, Marcel Arland, Pierre Drieu la Rochelle, Robert Brasillach, Abel Bonnard et Louis Fraigneau.

MG RENAULT 12/03/2017 10:03

Article courageux pour ne pas oublier l'Histoire,ne pas la revivre et la subir.
Merci pour ce travail de mémoire important.
Quelquefois même si le décor change, les comportements douteux sont là.
Bon courage à tous
FRATERNITE

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