Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Travail, les mots et la chose (1/2)

Publié par Rédac' sur 15 Avril 2017, 14:15pm

Catégories : #livres

Georges Bormand

Le mot "travail" est utilisé de façons variées et parfois incompatibles pour désigner plusieurs problèmes qui portaient autrefois des noms différents, ce qui permettait de les distinguer. En regroupant sous le même vocable tous ces aspects divers, on s'assure de l'impossibilité d'en améliorer aucun. La polysémie sert ici à l'abrutissement, pas à la réflexion.

Toujours est-il qu'informations, articles de journaux, livres, dossiers et conférences divers ont porté sur les différents problèmes cachés derrière ce mot et en particulier celui de l'emploi, du travail rémunéré. D'autant plus que, pour de nombreux motifs dont, hélas, l'accaparement des richesses désigné par le nom de capitalisme (à ne pas confondre avec l'emploi incorrect de ce nom pour désigner les outils de l'économie moderne -marché, mondialisation- qui, bien qu'accaparés par les capitalistes et rejetés à tort par les socialistes, ne sont aucunement constitutifs du capitalisme), ou la création d'une fausse richesse appelée capitalisme financier, visent l'un comme l'autre à faire disparaître la rémunération du travail, l'emploi, au profit d'un retour à l'esclavage déguisé en bénévolat. Mais poser correctement les problèmes , distincts, de l'emploi et du revenu qui en découle éventuellement, dans un monde où les autres formes de revenu sont appelées à le remplacer ; du travail, c’est-à-dire de la nécessité d'efforts pour la production de nouvelles richesses, pour leur partage, pour l'organisation de la société et les créations non matérielles (pensée, art, …) et des créations de ce travail, autrefois désignées par le mot « ouvrage » aujourd'hui totalement disparu de la littérature sur le « travail », demanderait, de fait, la séparation de ces problèmes de nature différente et donc l'usage de termes variés ; auxquels s'ajouteraient l'usage renouvelé des autres termes appropriés : profession, métier....

 

À propos de « Réinventer le travail sans l'emploi » d’Ariel Kyrou

Ceci étant et, en raison de la multiplication des informations et écrits nouveaux, je désire revenir autant de fois qu'il le faudra sur ces problèmes. Je commencerai par la recension d'une brochure lue récemment : « Réinventer le travail sans l'emploi ». Publiée par Les Notes de l'Institut Diderot, cet essai d'Ariel Kyrou s'attaque au problème du marché de l'emploi à venir , quand un certain nombre de taches pourront être effectuées par des robots ou des « intelligences artificielles » (IA).

L’auteur commence par signaler que les différentes études prospectives évaluent de manière fort diverse l'effet de cette robotisation. Certaines études envisagent la disparition de 50% à 60% du marché de l'emploi, d'autres limitent la perte d'emplois à venir à 10%, voire à zéro, du fait de la création de taches nouvelles, dont la construction et la programmation des robots. Cette différence d'appréciation tient à des motivations différentes des auteurs d'études. Certains surévaluent les capacités des machines à venir, pour des raisons variées qui vont de l'exaltation du progrès à sa crainte, de « on rêve de le faire donc on pourra le faire » à « il faut craindre le pire ». D'autres, à l'opposé, surévaluent les capacités humaines, les impossibilités du remplacement et les capacités d'adaptation du marché de l'emploi. Ce qui amène Ariel Kyrou à penser que la réalité à venir se situera entre ces limites.

Seulement il convient de bien penser à deux problèmes différents : d'une part il faut voir que, dans le monde actuel, plus de 60% de la population vit de revenus autres que ceux de l'emploi ou effectue des taches non rémunérées, hors du marché de l'emploi : jeunes et étudiants, malades et invalides, retraités, rentiers ou propriétaires vivant de dividendes ou de locations, sans compter toutes les personnes au foyer qui travaillent pour leur famille, mais sans apparaître comme emplois rémunérés. D'autre part, il convient de bien cerner quelles taches peuvent être accomplies par des robots ou des IA, et dans lesquelles elles ne peuvent pas se substituer aux humains. Ce ne sont pas forcément celles auxquelles on pense : il y a en effet plus d'imprévisibilité et de difficultés à programmer le travail d'un robot dans le nettoyage d'un local ou le ramassage des ordures que dans l'écriture d'un roman ou d'un rapport.

C'est donc à évaluer ces difficultés et quelles parts du marché de l'emploi seront probablement les plus affectées, que s'attache Ariel Kyrou dans cet essai de 40 pages qui reprend plus ou moins le livre-entretien avec Bernard Stiegler publié en 2015 : L'emploi est mort, vive le travail (Mille et une nuits).

à suivre

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents