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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Le jour que nous sommes

Publié par Rédac' sur 7 Mai 2017, 22:26pm

Mathilde

Le calendrier est un système qui, en divisant le temps, permet aux êtres humains d’un même groupe, d’une même civilisation, d’une même époque, de se trouver des jalons temporels pour se repérer dans le temps, mais aussi dans l’espace en faisant coïncider des événements avec des points de fixation de mémoire, connus et communs à tous.

Ce besoin de repérage et de communauté de conception  a largement évolué au cours des périodes. Entre les attentes scientifiques, astronomiques, sociales, religieuses, mystiques ou autres… le choix d’un calendrier est un concept qui n’a pas toujours fait l’unanimité et ses évolutions sont aussi sans doute, le reflet de véritables engagements, de choix stratégiques, politiques, économiques, symboliques parfois qui peuvent rompre avec les habitudes et les traditions.

Aujourd’hui même, de par le monde les hommes n’ont pas les mêmes repères, les mêmes dates, ni les mêmes années, preuve qu’en matière de calendrier aussi, des différences existent et preuve supplémentaire, s’il en fallait une, de la non-universalité de nos codes, tant ceux-ci sont imprégnés de considérations diverses et variées.

Pour les calendriers, une recherche relativement superficielle permet d’en identifier plus de 60 ! Le plus ancien, l’égyptien, aurait 10 000 ans et est le premier calendrier solaire connu. Si les modalités de dénomination et de découpage du temps ont été diverses, reflet des croyances et des civilisations, la question existentielle du commencement a été tout aussi diverse et souvent polémique. Les points de départ des calendriers sont donc très différents : l'ère chrétienne démarre l'année supposée de la naissance de Jésus-Christ ; l’ère judaïque du calendrier hébreu commence le 7 octobre J.-C. correspondant à la création du monde...

Et le calendrier maçonnique ? Il participe de tous les courants précédents. En effet qu’est-ce que « l’année de la vraie lumière » ? L’anno lucis, date de la création du monde selon la tradition biblique. En fait, cette chronologie a été empruntée par les maçons. anglais à l‘œuvre d’un prélat anglican James Usher, né à Dublin en 1580, qui écrivit des « Annales veteris et novi testamenti » (1650-1654) contenant une chronologie biblique remontant à 4004 av.J.-C. La chronologie utilisée par Anderson dans la partie historique de ses Constitutions coïncide avec cette chronologie généralement acceptée  par les différentes églises anglicanes du début du XVIIIe siècle. Il s’agit donc d’ajouter 4000 ans à la date calendaire de l’ère vulgaire.

Traditionnellement la maçonnerie française utilise le calendrier julien faisant commencer l’année en mars. Introduit par César en -45, le calendrier Julien fut établi après consultation de   l'astronome Sosigène avec comme référence l'équinoxe de printemps, fixée au 25 mars.

L’emploi des mois hébraïques n’est plus utilisé, sauf parfois au rite écossais. Cependant on n’utilise pas les noms de mois, mais les quantièmes. Le « 28 février 2016 » sera ainsi le « 28ème jour du 12ème mois 6016 » et le « 1er mars 2016 »  devient le « 1er jour du 1er mois 6016 » de la « vraie lumière »

Les mois maçonniques furent cependant parfois comptés, non du 1er janvier, mais du 21 mars, soit du 1er jour du 1er mois des saisons et des signes du zodiaque. Le « 15 avril 2016 » devenant donc le « 25ème jour du 1er mois de l’anno lucis 6016 ». Ce système n’est pratiquement plus utilisé aujourd’hui, mais il est utile de le connaître pour dater des documents anciens.

D'autre part, il est possible de rencontrer en maçonnerie, dans différents rites et grades, d’autres manières de  signifier le temps. Par exemple, certains écossais utilisent la chronologie juive anno hébraïco ou anno mundi qui commence mi-septembre et il faut ajouter 3760 ou 3761 années au calendrier grégorien ; pour d’autres grades, le point de départ est celui du début de la reconstruction du second temple par Zorobabel en 530 av. J.-C.,  soit anno inventionis ; pour d’autres encore, le point de départ est celle de la dédicace du Temple de Salomon soit 1000 ans av. J.-C. c’est l’anno depositionis ; aux grades templiers, on compte depuis la création de l’Ordre en 118  ap. J.-C. c’est l’anno ordinis ; enfin, pendant la révolution, les loges qui travaillaient encore en 1793 ont utilisé le calendrier révolutionnaire, œuvre du frère Charles-Gilbert Romme et en usage de 1792 à 1806 ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.

Et c’est ainsi que l’année 2016 de l’ère vulgaire sera l’année 6016 de la Vraie lumière ou de l’ère maçonnique ; l’année 5776 ou 5777 de l’année hébraïque ou anno mundi ; l’année 2546 année de la reconstruction du second Temple ou anno inventionnis ; l’année 3016 année de l’achèvement du premier Temple ou anno depositionis ou l’année 896 de la fondation de l’Ordre du Temple ou anno ordinis.

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