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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Psychanalyse d’une image

Publié par Rédac' sur 4 Mai 2017, 19:15pm

Catégories : #articles

Julien Vercel

Le Parisien du 28 avril 2017 mettait en une la photographie de Marine Le Pen lors de son périple médiatique sur un bateau de pêche (Emmanuel Macron figurait aussi en joueur improvisé de football en banlieue). Le quotidien ironisait sur ces mises en scène « jusqu’à la caricature ». Car c’est bien de caricature qu'il est question ici. Il peut  s'agir également de sous-entendus, tant l’extrême droite est habituée à maquiller son extrémisme sous des dehors apparemment policés.

Marine Le Pen ne tient certes pas une pieuvre dans les mains, mais lapsus volontaire ou non, l’image renvoie à ce mollusque. Et ce mollusque a été particulièrement prisé dans les représentations radicales.

André Gunthert dans « De quoi la pieuvre est-elle la figure ? » (arhv.lhivic.org, 19 octobre 2008) décrit les étapes de construction de cette représentation. Au début du XIXe siècle, la pieuvre, confondue avec le poulpe et le calamar, est représentée pour la première fois en « Kraken », ce monstre marin géant, dans l’Histoire naturelle des mollusques de Pierre Denys de Montfort (1802). C’est à la fin du XIXe siècle qu’elle est associé pour la première fois à un pouvoir occulte et, ô privilège de l’époque, c’est « la pieuvre maçonnique ».

 

Psychanalyse d’une image

L’idée d’un pouvoir tentaculaire et secret s’étend ensuite aux compagnies de chemins de fer (dans le roman de Frank Norris : The Octopus: A California Story, 1901) jusqu’au capitalisme florissant, pouvoir qui n’a « pas de nom, pas de visage, pas de parti » comme la finance décrite par François Hollande (discours du Bourget, 26 janvier 2012). Car la gauche utilise aussi la pieuvre, surtout les communistes qui, après 1945, représenteront le Plan Marshall sous les traits du mollusque. En attendant, les tentacules de la pieuvre, avec la tête de John Davidson Rockefeller, président de la Standard Oil, enserrent un globe terrestre pour la première fois sur un dessin intitulé « La pieuvre qui étrangle le monde » paru dans Minneapolis Times en 1902.

Le XXe siècle tient son image : tout pouvoir résultant d’un mécanisme caché supposé sera représenté par une pieuvre enserrant le globe terrestre ! Les antisémites mobilisent la pieuvre dans les années 1930, mais pas les nazis qui préfèrent les rats ou les poux. Puis il faut attendre les Islamistes pour voir le mollusque reprendre du service antisémite et anti-Occident capitaliste.

La pieuvre d’extrême droite est donc surtout antimaçonnique et antisémite. Avec son poulpe, Marine Le Pen s’adresse ainsi à son père et au Front national, canal historique. À moins qu’elle n’ait voulu y lire l’avenir comme « Paul le poulpe » prédisait, depuis son aquarium d’Oberhausen, les vainqueurs des matchs de la coupe du monde de football de 2010 ?

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