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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos de la revue « Actes », n°10

Publié par Rédac' sur 21 Juin 2017, 22:06pm

Catégories : #livres

Joël Jacques

Nous avions déjà parlé de la revue Actes dans le numéro 5 de novembre 2014, de Critica Masonica, et ce, pour en dire le plus grand bien et la comparer dans l’esprit, sinon dans les actes à celle, mieux connue, de la Grande loge nationale française (GLNF), Villard de Honnecourt. Aujourd’hui, pour ce numéro 10 de la revue du Collège d’histoire maçonnique de l’Aunis et de la Saintonge (CHIMAS, 14 rue Henri-Bergson, 17140 Lagord) nous soulignons, encore une fois la qualité éditoriale de l’ouvrage.

Le contenu est, bien évidemment, très charentais et propose une documentation de très haute qualité tant sur le fond que sur la forme.

Ceci étant, entre les grandes heures de la maçonnerie de Barbezieux ou de l’île de Ré, mon attention s’est portée sur deux articles assez particuliers. L’un d’eux présente la problématique des archives en franc-maçonnerie. Eu égard à la frilosité du maçon à laisser la trace de ses travaux ou à ouvrir ses temples, on comprendra que l’article ne peut être qu’intéressant. D’autant plus que tous ceux d’entre nous qui veulent se mêler d’histoire se heurtent à un éparpillement disparate et pas toujours fiable d’archives pour le moins incomplètes. En effet, à l’étude de l’histoire de notre Ordre, on peut se rendre facilement compte que la tenue de nos archives laisse à désirer. Tout aussi bien, il semblerait que la technique de la terre brûlée ou des actes volés, pour ce qui concerne les documents écrits ou gravés, ne soit pas spécifique aux périodes de crise, comme les guerres. L’auteur ne peut manifestement pas se substituer au manque d’informations, mais il peut, au prétexte du constat, faire état d’un parcours, d’une histoire maçonnique portée, par exemple, par d’anciennes chartes brûlées par Anderson et Desaguliers afin qu’il ne reste pratiquement plus de documents qui auraient pu venir moduler, voire, contredire leurs belles Constitutions et ses légendes. Puis, pas à pas, on constatera les progrès d’une maçonnerie qui se forge et se constitue par l’édition et l’utilisation de ce que nous nommons « divulgations ».

Tout cela se développera jusqu’au point qui nous amène, aujourd’hui, à nous poser légitimement la question de savoir qui, de l’œuf ou de la poule, est arrivé le premier. En effet, comment ne pas dresser un sourcil étonné en constatant que le document « antimaçonnique » bien, connu « Masonry Dissected » a longtemps servi de référence quant aux rituels pratiqués. L’autre sourcil se dresse lorsque l’on s’aperçoit qu’il est, encore aujourd’hui, considéré comme une source fiable. Samuel Pritchard ne s’est jamais caché de vouloir se moquer de l’Ordre en diffusant ces rituels qu’il présentait comme « grotesques ». Dans la mesure où la Grande Loge de Londres, puis, d’Angleterre, elle-même, s’est toujours refusée à la publication officielle des rituels avant 1969, on comprendra que la documentation relève le plus souvent de la « presse people » de l’époque que des archives.

On notera avec un sourire que l’une des divulgations les plus connue, publiée en 1742, s’intitule « L’Almanach des cocus ou amusements pour le beau sexe… auquel on a joint un recueil de pièces sur les francs-maçons », tout un programme. Mais ce qu’il ressort surtout des documents du XVIIIe siècle et de la persistance de leur utilisation reste par-delà les âges. Prenons seulement pour exemple la description faite d’une société de Taverne de l’époque nommée Grand Khalbar (Voir : QCA volume 1 (1889) Reprints : Regius MS, (1390); Halliwell, Masonic Poem ; Cott. MS, Tractus Urbanitatis & Instructions for a Parish Priest ; The Plain Dealer (1724) ; An Ode to the Grand Khalbar (1726) ; A Defence of Masonry (1738) ; Brother Euclid’s Letter to the Author (1738), mais aussi le texte de Pritchard). Depuis sa présentation par Samuel Pritchard, dans son ouvrage « L’Origine et la déclaration mystérieuse des francs-maçons » qui en écrivit cinq lignes par lesquelles il présente cette société et ses objectifs. Ces lignes sont intégralement reproduites dans tous les ouvrages d’histoire de la franc-maçonnerie, sans aucune modification, sans plus d’informations et ce, quels que soient les auteurs et de quelque pays qu’ils proviennent. On en conviendra, cela ne facilite pas la tâche du chercheur.

Bien évidemment, et c’est pourquoi nous parlons de similitudes avec l’objet de la revue de la GLNF, on ne sera aucunement surpris par les pistes suivies par l’auteur de l’article en sa quête du GADLU, voire, de Dieu.

Outre les relations sinueuses de la franc-maçonnerie, on s’attardera agréablement sur un article relatif à la Maison de retraite construite et constitué afin d’accueillir les vieux maçons à Aulnay. Il y est présenté une sorte d’établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) pour anciens francs-maçons, depuis l’idée de sa fondation jusqu’à sa fermeture. Bien évidemment nous restons là dans la construction d’une œuvre qui se présente comme parfaitement maçonnique dans son objet : l’entraide et le prendre soin. Cela ne survivra pas aux difficultés d’intérêts. Décrire cet établissement est extrêmement instructif dans la mesure où ces initiatives sont particulièrement rares en France et son plus spécifiquement le fait de la maçonnerie anglaise ou américaine, comme les masonic senior living and senior care.

Bref, tout cela représente un travail remarquable et procure une lecture agréable et instructive. Il faut souhaiter que cette revue continue d’exister encore longtemps pour le plaisir des francs-maçons et de ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Ordre et à l’histoire locale.

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