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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos de « Maçonnerie, symbolisme et éthique dans la vie de Sir Robert Moray, membre de la Royal Society » de David Stevenson

Publié par Rédac' sur 9 Août 2017, 21:36pm

Catégories : #livres

Rédac'

David Stevenson est un universitaire écossais spécialiste reconnu des origines de la maçonnerie, membre éminent de cette « école authentique » qui s’attache à établir une histoire précise, y compris celle de la construction des mythes. Ce livre de petite taille, mais précieux pour les passionnés est publié par PF éditions. Traduit par Patrick Sautrot, ce texte nous trace un portrait personnel, moral et intellectuel de Robert Moray, né en 1608 ou 1609 et disparu en 1673. Le texte original de David Stevenson est paru en 1984 sous le titre Masonry, Symbolism and Ethics in the Life of Sir Robert Moray, FRS, dans le n°114 de la revue Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland (p. 405-431).

Robert Moray, fils d’un petit noble est connu pour avoir été fondateur de la Royal Society (d’où ces initiales FRS pour Fellow Royal society) en 1660. Mais il l’est beaucoup moins pour son intérêt envers les secrets de métier et le symbolisme afférent. L’auteur rectifie ce manque et souligne que la formation universitaire de Moray est probablement imaginaire, qu’il fut en fait un autodidacte et tenta de concilier le goût pour la connaissance et le culte de l’amitié.

Covenantaire écossais, Moray vint en France rejoindre en 1633 l’armée de Louis XIII au sein de la Garde écossaise. Il devint l'ami de Richelieu. Les covenantaires étaient des sortes de presbytériens, plus rigoristes et surtout proches du peuple que les épiscopaliens anglais qui avaient les faveurs de la royauté. Avec un grade intermédiaire entre colonel et général (General of ordnance), Moray figura parmi les principaux animateurs de l’attaque contre les Anglais à Newcastle (1641). À cette date, il aurait été le premier Écossais reçu maçon par d’autres Écossais de la loge opérative d’Édimbourg, mais sur le territoire anglais. Ingénieur, Moray était à la recherche de savoirs anciens, en particulier égyptiens, dont il pensait que la maçonnerie était détentrice.

Il combattit ensuite dans l’armée de Mazarin et, après la défaite, fut fait prisonnier en Bavière avant de revenir en Angleterre et de repartir en Flandres au gré des aléas milliaires et politiques d’une Grande-Bretagne en ébullition. Il sera à nouveau présent sur le territoire anglais à la fin de sa vie. Devenu proche du roi Charles II qui en fera un chevalier. Après avoir fondé en 1660 la Royal Society, il se retira et  se consacrera à des lectures scientifiques et des rencontres avec les philosophes. Il est enterré à l’abbaye de Westminster.

Le travail de David Stevenson nous renseigne sur le personnage de Moray, mais aussi sur l’imaginaire qui s’établit à son époque en Écosse et, plus largement en Grande-Bretagne et qui sera repris au siècle suivant par le fondateur de la maçonnerie obédentielle  Desaguliers et ses continuateurs. L’étoile à cinq branches sera l’un des emblèmes de Moray, qu’il déclinera dans des dessins, des sceaux et dans sa signature.

David Stevenson conclut ainsi son texte : « Concevoir la vie intérieure, le symbolisme stoïco-maçonnico-chrétien est une tâche complexe, mais sans laquelle son engagement envers la science ne peut être placé dans un contexte approprié. Il a souvent été considéré comme l’un des hommes les plus intéressants et les plus ‘modernes’ produits par l’Écosse du XVIIème siècle. Le premier adjectif ne pose pas de problème, mais le second doit être défini. Comme tous les scientifiques du XVIIème siècle, il regarde vers le passé autant que vers l’avenir ».

L’auteur fournit ici une belle définition de ce que fut la franc-maçonnerie en ses débuts et telle qu’elle le reste aujourd’hui, mais avec un équilibre modulable: un croisement de modernité et d’archaïsme dans la permanente construction/reconstruction d’une tradition.

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