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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos du n°186 de « Renaissance traditionnelle : Moderns, Antients et alentours »

Publié par Rédac' sur 13 Juin 2017, 21:31pm

Catégories : #livres

Rédac'

Le n°186 (avril 2017) de la revue Renaissance traditionnelle poursuit inlassablement l’œuvre de relecture critique de l’histoire maçonnique. Trois articles illustrent cette démarche ô combien précieuse. Pierre Paolini propose d’abord une genèse de la première franc-maçonnerie anglaise au XVIIIème siècle, pour laquelle il reprend l’ensemble des sources qui ont construit une légende, avant qu’à la fin des années 1970 l’histoire reprenne ses droits. À travers les archives françaises, anglaises et écossaises, l’auteur traque les premières occurrences d’une foule d’éléments symboliques, qu’il s’agisse du grade de maître, de la parole perdue et retrouvée, de l’esquisse de quatrième grade, de l’installation du maître de loge, ou des mots de passe et sacrés.

En conclusion, Paolini écrit « (…) la première maçonnerie française est aussi une maçonnerie des Moderns ! On voit au fil de l’étude qu’au fond, sur toute la période (1700-1769), les deux tendances Modern et Ancient sont très proches au plan des rituels, si elles divergent parfois avec violence au niveau de Hautes Institutions de nature évidemment ‘politique’. Ne serait-ce pas encore un peu le cas aujourd’hui ? ».

À propos du n°186 de « Renaissance traditionnelle : Moderns, Antients et alentours »

Roger Dachez entreprend ensuite de monter en quoi « La tradition des Antients » relève en fait essentiellement d’un mythe historiographique français. L’auteur pointe ce que furent réellement les réactions à la création de la Grande loge de Londres en 1723, en particulier le cas de la vieille loge d’York créée deux années plus tard. La première crise sérieuse eut lieu en 1740, après un fléchissement des effectifs qui avaient démarré en flèche. Ce qui intervint en 1751 avec la création de la Grande loge des Ancients ne ressortit pas pour Roger Dachez à une véritable scission. Renvoyant à l’article publié par Jean-François Var paru dans le n°184 de la revue, intitulé : « Laurence Dermott, « Ahiman Rezon » et la Grande Loge des Ancients », il analyse la nature des griefs énoncés par les Antients à l’égard de ceux qui seront désignés en miroir comme Moderns. Il étudie également la stratégie d’alliance que les Antients menèrent avec les Grandes loges d’Écosse et d’Irlande. Roger Dachez estime qu’en pleine concurrence organisationnelle, certains maçons britanniques avaient déjà réalisé localement une union qui ne se formalisera nationalement qu’en 1813.

Nous laisserons aux lecteurs le soin de lire la fin passionnante de cet article où l’auteur explique par le détail comment les maçons écossais français se sont construits un véritable mythe d’une histoire des Ancients qui ne correspond pas à une réalité historique, mais qui leur a cependant permis de se distinguer des Moderns après 1804 et l’arrivée du Rite écossais ancien et accepté (REAA). Roger Dachez cite des exemples savoureux d’un véritable révisionnisme. Il n’existe donc pas de double tradition de la maçonnerie britannique, mais une seule qui, au XVIIIème siècle, fut l’objet de variantes, sans divergence philosophique ou systémique.

Troisième article de cette passionnante livraison, les extraits d’un journal de bord que nous présente Pierre Mollier : « Un témoignage sur la maçonnerie en Grande-Bretagne au XVIIème siècle ». Son rédacteur est un maçon français dont l’identité est ce jour inconnue, probablement missionné par Savalette de Langes, l’un des animateurs des Philalèthes qui tiendront deux convents de 1785 et 1787. Cet ego-document est d’ailleurs extrait des archives des Philalèthes. Le voyageur était passé, quelques années avant, en 1780 par Londres, Édimbourg et Dublin. Il rencontra pendant les six mois que dura son périple, « des maçons fort instruits », collecta des documents pour nous offrir une vue précieuse de l’état des lieux et de l’établissement de l’imaginaire des maçons, lequel passe pour partie par un retour à l’antique.

Une double page publicitaire propose in fine les couvertures des dix-sept numéros parus de la revue Fragments d’histoire du compagnonnage, éditée par le musée du compagnonnage de Tours.

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