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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


« Renaissance traditionnelle » n°185 : les colonnes du temple

Publié par r sur 20 Mai 2017, 23:02pm

Catégories : #livres

Rédac'

Dans son numéro 185, la célèbre revue noire s’attaque à une analyse fouillée des titulaires des colonnes du temple Jakin et Boaz, dont la présence ou la transposition sont attestées à la fois dans les traditions maçonnique et compagnonnique. C’est Gaël Meigniez qui s’est attélé à cette tâche érudite. 

Comme l'explique Pierre Mollier dans son introduction, " (...) Le dialogue sur les deux colonnes du Temple de Salomon est le noyau primitif des rituels maçonniques. La transmission de ces ‘mots du Maçon’, attestée tout au long du XVIIe siècle en Écosse, apparaît au cœur du plus ancien rituel complet connu, le manuscrit des Archives d’Edimbourg. Avec ce travail majeur, l’auteur nous ramène donc aux origines mêmes de l’enseignement symbolique et spirituel de la franc-maçonnerie. D’ailleurs, de nos jours encore, J et B ouvrent toujours la voie initiatique sur laquelle s’engage le Maçon (...)"

Gaël Meigneiz a repéré pas moins de sept versions de la personnification des deux colonnes. Cela lui permet d'étudier successivement le rite émulation, le rite du royal secret, un catéchisme maçonnique précoce de 1724, le rite égyptien de Cagliostro, la Stricte observance templière, la présentation de J et B comme Messies, la référence à Isis et Osiris et un "Jachin gisant " utilisé comme mot de passe.

L'auteur travaille  ensuite sur les  personnifications des deux titulaires des colonnes du temple repérables dans les traditions religieuses. A ce titre, il envisage successivement l'herméneutique judaïque, sa déclinaison chrétienne, la mystique dans les deux traditions et la théologie critique du XIXème siècle.

Dans la troisième et dernière partie, Meigniez, s'appuie principalement sur les textes d'Agricol Perdiguier, pour prendre en compte le patrimoine symbolique du compagnonnage à travers la généalogie des deux maîtres Jacques et Soubise. Dans ce cas aussi, il existe plusieurs versions, celle de la Sainte-Baume et celle, d'origine strasbourgeoise, des Tours d'Orléans. leurs partisans se sont affrontées sur fond d'intolérance religieuse.

Le deuxième numéro de cette 47ème année,186, daté d'Avril 2017, est consacré à Moderns, anciens et alentours. Nous en rendrons compte très prochainement sur ce blog.

 

 

Commenter cet article

HORUS 27/07/2017 21:24

Merci à G.Meignez pour ses explications.
On comprend mieux maintenant l'orthographe du titre de la revue.
Lemaître de Sacy est une sommité dans la traduction des textes bibliques, mais au 17e siècle, la vocalisation de l'hébreu était fixée depuis longtemps par les massorètes et connue des biblistes de l'époque.
Son erreur, vu son influence, est devenue tradition, mais l'erreur n'est pas juste et la perpétuation d'une erreur ne devient pas vérité avec le temps.
Ceci dit, mes remarques n'invalident en rien, ni la réputation de de Lemaître de Sacy, ni l'immense travail de G. Meignez que je salue.

Lionel MAINE 22/05/2017 19:32

Pour finir en bière, pas de problème

HORUS 21/05/2017 10:58

Dommage que sur la couverture de cette excellente revue figure une faute de transcription de l'hébreu. La colonne s'appelle Bo'az et non pas Booz et elle n'est pas endormie comme le personnage de Victor Hugo, qui, je le vois, cause toujours d'énormes dégâts à la FM.
Booz n'existe pas dans les textes bibliques.
.
Boaz s’écrit avec les lettres Beth – Aïn – Zaïn.
la lettre Aïn, est une gutturale, plus exactement une pharyngale, sonore, venant du fond de la gorge avec beaucoup de vibrations, comme Heth.
C’est un son qui n’a pas d’équivalent dans les langues indo-européennes.
Et l’hébreu moderne lui-même l’a perdu, sauf pour les juifs arabophones qui l’ont conservé dans leur système phonologique.
Les massorètes ont inventé les points-voyelles, signes diacritiques qui servent à vocaliser l’hébreu biblique.

Dans notre cas, B est affublé d’un « holam », signe diacritique qui est le même que le point sur notre « i », mais qui se prononce comme un « o ». B est aussi affublé d’un « daguesh », point qui se trouve au milieu et dans le « B », pour que l’on prononce b au lieu de v, car Beth est une lettre double. Donc ici, la prononciation de B est « Bo ».
Le Aïn est lui souligné (le signe diacritique se trouve sous la lettre) d’un « qamats », c.à.d. d’un petit tiret sous lequel se trouve (presque accroché) un point. Se prononce comme un « a » dont la longueur est moyenne.
Enfin, le Zaïn final, sans point voyelle, (ce qui est normal pour toutes les finales en hébreu biblique) se prononce comme un « z ».
Nous avons donc clairement notre prononciation Bo-a-z.
.
Imaginez que ce soit un australien qui lise cette couverture.
(Booze en anglais, prononcer "bouse") aurait un grand succès chez les Frères anglophones. En effet, c’est un terme argotique qui signifie la « bibine » ou l’alcool, surtout chez les australiens. Cela voudrait donc dire la colonne du bar …
Où avez-vous reçu votre salaire ? au bar ! Passe « bibine » ! LOL

G. Meigniez 27/07/2017 17:36

Merci de votre commentaire. La revue a suivi la volonté de l'auteur, lequel a suivi lui-même la tradition française: c'est l'érudit janséniste Lemaître de Sacy qui au XVIIème siècle dans son influente traduction de la Bible orthographie "Jachin" et "Booz", initiant la tradition que suivaient encore les écrivains romantiques deux siècles plus tard. Cordialement.

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