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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


À propos du « Rite français, Tome IV. Les grades des sagesse du Rit primordial de France du Maître à l’élu et les manuscrits des deux premières séries de l’arche » de Hervé Vigier

Publié par Rédac' sur 13 Août 2017, 22:20pm

Catégories : #livres

Ce nouvel ouvrage paru aux éditions Télètes (2017) et issu d’une longue série, nous présente d’abord des éléments connus, mais qui contextualisent le sujet central ici proposé. il s'agit du premier étage  de ce que l'on appelle désormais les ordres de sagesse. L'auteur présente les conditions de création d'un rite qui fut dit  "moderne", puis "français", en opposition à lque l'on qualifia d'"écossais", à partir du moment où il  apparut, au début du XIXème siècle . le rite français prend ici l'intitulé de Rit primordial, avec l'orthographe de l'époque. À ce propos, Hervé Vigier montre d’entrée de jeu que la délimitation des territoires organisationnels et symboliques des deux grandes familles maçonniques françaises était au XVIIIème siècle relativement floue.

L’auteur en vient ensuite à la structuration de ce premier des quatre ordres plus un, établis par le Chambre des grades du Grand orient de France sous la houlette de Roettiers de Montaleau, au début des années 1780 à partir d’un premier tri de 81 degrés, dont 11 concernaient ce qui fut synthétisé sous le titre d’élu secret. On notera que d’autres dénominations, que l’on peut considérer comme historiquement fautives, sont apparues plus tard : élu ou maître élu. Encore resterait-il à regarder de près si l'édition imprimée de 1801 n'a pas pris quelques libertés, terminologiques ou autres par rapport à ce qui s'était formulé juste avant la Révolution.

Hervé Vigier détaille, et c’est sans aucun doute l’aspect le plus novateur de son livre, les 11 degrés qui furent synthétisés par la Chambre des grades, dont certains se sont retrouvés dans le déploiement en 33 grades du Rite écossais ancien et accepté (REAA) : maître secret, maître parfait, maître par curiosité ou maître anglais, secrétaire intime, maître prévôt et juge ou maître irlandais, intendant des bâtiments, élu des neuf, élu des quinze, petits élus, élu illustre, sublime chevalier élu. Certains de ces degrés étaient repérables depuis 1740, l’efflorescence s’étant calmée vers 1760.

L'ouvrage présente les éléments symboliques - dont beaucoup se recoupent d’un grade à l’autre - ceux qui s'avèrent les plus prégnants dans l’éthique de justice qui se dégage du rituel du premier ordre à partir de la problématique de réparation d’un crime. Ce premier ordre correspond aux deux premières séries de l’arche du rite français (l'ensemble du corpus des 81 degrés). On attend la publication de la suite pour les ordres suivants. Ce travail se construit entermes de loges et ed chapitres essentiellement au Sud de la France dans un paysage maçonnique que l’on dira marginal, sans connotation péjorative. Il s'agit en effet d'un milieu traditionaliste, mais mixte et ouvert, ou l’on retrouve l’une des dérivées de l’éclatement de la Grande loge nationale française (GLNF), à savoir la Grande loge traditionnelle de France (GLTF), mais aussi l’Alliance des loges symboliques (ALS), la Grande loge européenne de la fraternité universelle (GLEFU) et un souverain chapitre Provence fidélité, tout cela en accord avec un Suprême conseil du Roussillon REAA, 1802.

Dans une des postfaces du livre, Jean Van Win revient sur un élément central du premier ordre, la devise « vaincre ou mourir », dont il suit très finement les pérégrinations et  il en profite pour envoyer une pique contre une certaine légèreté du travail  dirigé par Roettiers de Montaleau il y a plus de deux siècles, aspect qu’avait déjà pointé en son temps René Guilly, premier acteur, historiquement parlant, du renouveau du rite français.

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