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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Les Relations entre francs-maçonneries et extrêmes droites

Publié par Rédac' sur 10 Août 2017, 23:35pm

Catégories : #articles

Stéphane François

[Une première version de ce texte est parue sur le site Fragment sur les temps présents, le 5 juin 2017]

 

Pour une proportion importante de la population française, les deux expressions: « franc-maçonnerie » et « extrême droite » sont opposées et inconciliables. Cela est vrai dans une certaine mesure. Si l’opinion publique a gardé en mémoire les campagnes antimaçonniques de l’extrême droite, formulées dès l’apparition des clivages politiques au sens contemporain du terme, c’est-à-dire dès le début du XIXe siècle avec l’apparition de la droite contre-révolutionnaire, elle ne sait pas qu’il existe des exemples, moins connus, de militants d’extrême-droite membres de loges maçonniques. Surtout, ces loges ne sont pas forcément des scissions ou des dissidences conservatrices ou d’extrême droite, mais des loges régulières, mêmes si elles sont parfois membres d’obédiences marginales…

 

Le mythe du complot maçonnique

L’un des premiers livres à condamner la franc-maçonnerie  fut celui d’un jésuite conservateur, antidémocrate et rejetant les idées des Lumières, Augustin de Barruel (1741-1820). En effet, le prêtre dénonce dans Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme, un ouvrage en cinq tomes paru à Hambourg entre 1797 et 1799, le rôle supposé des francs-maçons dans le déclenchement de la Révolution française. Toutefois, « il est précédé en cela par la brochure du comte Ferrand, publié à Turin en 1790, Les Conspirateurs démasqués. ». Cependant, Ferrand voit surtout dans ce complot l’action d’un protestant, Necker. Barruel va plus loin : il estime que le complot est à la fois antichrétien, antimonarchique et cherchant à détruire la société d’Ancien régime. Les acteurs changent aussi : il ne s’agit plus d’un complot protestant, mais maçonnique. Cette idée se cristallisera dans les milieux catholiques intégristes. Pour s’en convaincre, il suffit de garder à l’esprit la prégnance du « complot judéo-maçonnique » dans ces milieux, comme le montrent les catalogues des Éditions Barruel, des Éditions Saint-Rémi, les Éditions de Chiré et, sur Internet, la Bibliothèque Saint-Libère. Récemment encore, le Vatican voyait dans la franc-maçonnerie une secte.

Cette idée de complot vient notamment de l’usage de l’expression « Supérieurs inconnus », forgé initialement par des francs-maçons. En effet, en 1751, le baron Charles-Gotthelf von Hund fonde une nouvelle forme de maçonnerie : la Stricte observance ou plus exactement l’Ordre supérieur des chevaliers du Temple sacré de Jérusalem. L’idée était que la franc-maçonnerie serait une perpétuation des Templiers dirigée par des « Supérieurs inconnus » (sortes d’êtres suprêmes guidant certains initiés) dont Hund était, selon ses dires, le seul mandataire, s’étant lui-même fait initier par un mystérieux chevalier au « plumet rouge », en 1747. Cette légende va connaître un succès considérable au cours des XIXe et XXe siècles. Récupérés par les anti-maçons, ces « Supérieurs inconnus » vont devenir les vrais maîtres occultes de la franc-maçonnerie. Ils seront assimilés aux satanistes, aux Juifs, aux maîtres de l’Himalaya de la Société théosophique, etc, devenant le symbole de la sphère dirigeante du complot mondial, selon la vulgate conspirationniste.

Cette idée de complot maçonnique se retrouve également chez un auteur écossais, John Robison qui publie, également en 1797, un ouvrage développant la même thèse, intitulé Preuve d’une conspiration contre toutes les religions et les gouvernements d’Europe fomentées par les assemblées secrètes des francs-maçons et des illuminés. Pour ce dernier, les Illuminés de Bavière auraient infiltré les loges françaises et auraient provoqué la Révolution française dans le but de mettre en place un gouvernement mondial. À compter de ce moment, la franc-maçonnerie est assimilée à une société secrète, bien que ses rituels fussent divulgués dès 1730 par Pritchard, dans son Masonry Dissected. Malgré cette divulgation ancienne, la question du secret est restée capitale dans les milieux d’extrême droite qui voient dans la franc-maçonnerie une société secrète. L’idée d’un complot mondial d’une société secrète cherchant à renverser les gouvernements va donc se diffuser dans différents milieux et dans différents pays. Jusqu’à récemment, cette thèse était surtout mise en avant par des auteurs ou des groupes que l’on peut classer à l’extrême droite, principalement dans la mouvance catholique traditionaliste et contre-révolutionnaire.

Encore aujourd’hui, des militants notoires de l’extrême droite, considèrent que les causes de la Révolution française sont à rechercher dans l’action de la franc-maçonnerie. C’est par exemple le cas de l’antisémite et ancien collaborateur Henry Coston qui diffusa cette idée des années 1930 à sa mort en 2001 ou de Philippe Ploncard d’Assac. Conspirationnistes, ils participèrent durant la guerre au dépouillement des archives du Grand orient de France et à la recherche d’une supposée subversion maçonnique. Ils étaient en outres des membres influents de la Commission d’études judéo-maçonniques (CEJM) qui siégeait dans les locaux occupés du Grand orient de France. Le financement de leurs activités provenait des occupants nazis, qu’ils fréquentaient depuis 1934, mais également de l’État français. Leurs thèses furent reprises après-guerre par différents groupes extrémistes, allant des néonazis aux catholiques traditionalistes.

Dans les années trente, l’idée fut reprise par Julius Evola. Il voyait dans  la maçonnerie une création moderne ex nihilo et non pas une persistance d’une tradition immémoriale et s’opposait par conséquent à René Guénon qui voyait quant à lui dans la franc-maçonnerie spéculative une héritière, certes dégénérée, d’une structure médiévale. Evola intégra dans sa pensée antimoderne des éléments conspirationnistes issus des thèses antisémites et contre-révolutionnaires d’auteurs comme Emmanuel Malynski et Léon de Poncins, en particulier au livre La Grande conspiration d’Emmanuel Malynski, dont Léon de Poncins cosigna en 1936 une version abrégée sous le titre La Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde, qu’Evola traduisit et préfaça trois plus tard. Dans ses articles, il se penchait sur la notion de « guerre occulte », c’est-à-dire la bataille menée par les sociétés secrètes, notamment la franc-maçonnerie, et par les Juifs contre ce qu'il considérait comme la tradition, et analysait l’action de ces dernières au prisme de la « contre-initiation ».

Cet antimaçonnisme se porte toujours bien. Il est réapparu quasiment dès la fin de la Seconde guerre mondiale, reprenant ses vieilles antiennes. Toutefois, il a muté dans les années 1990, intégrant au vieil anti-judéo-maçonnisme d’avant-guerre des considérations antisionistes qui se nourrissent d’un antimaçonnisme musulman. Nous trouvons ce « nouvel antimaçonnisme » par exemple chez Paul-Éric Blanrue ou chez Alain Soral. Toutefois, leur antimaçonnisme se nourrit encore des textes « classiques » parus au début du XXe siècle. Ainsi, Alain Soral a réédité en 2012 la brochure du publiciste Maurice Talmeyr, La Franc-maçonnerie et la Révolution française, paru à l’origine en 1904. Kontre Kulture,  sa maison d’éditions, a aussi publié en 2016 et 2017, Les Illuminés de Bavière de Jean Sébastien et Franc-maçonnerie. L’effroyable vérité de Stéphane Blet. Alain Soral s’inspire également des ouvrages d’Henri Coston, et de son héritier intellectuel Emmanuel Ratier, décédé en 2015. Celui-ci constitue une figure intéressante de l’extrême droite : diplômé de Science-po, journaliste, éditeur, ancien membre du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), militant néopaïen, pourfendeur des « lobbies » (i.e. juif et franc-maçon), il est régulièrement accusé d’avoir été franc-maçon. Sa feuille confidentielle d’informations, Faits et Documents, est très bien informée, dévoilant les noms d’hommes politiques appartenant, ou soupçonnés d’appartenir, à une loge. De fait, il reprend la tradition d’un Henri Coston, mais sans son antisémitisme délirant.

Cependant, l’antimaçonnisme actuel peut encore prendre l’aspect de discours hallucinés typiques de certains milieux chrétiens de la fin du XIXe siècle (au moment de l’« affaire Taxil »), tels les ouvrages, articles ou conférences de Laurent Glauzy comme Pédo-satanisme et franc-maçonnerie. L’autel des élites (Maison du Salat, 2015). Ce nouvel antimaçonnisme s’exprime également dans les milieux catholiques réactionnaires par une condamnation publique, comme l’action des Hommens, déclamant contre l’incarnation du Diable, devant le siège du Grand orient de France en 2014. L’antimaçonnisme reste donc d’actualité dans l’extrême droite la plus radicale.

 

La « vraie maçonnerie » ou la franc-maçonnerie contre-révolutionnaire

L’un des points de rencontre entre l’extrême-droite et la franc-maçonnerie se situe autour de René Guénon et du recours à la « Tradition ». Ce dernier, à l’opposé d’un Evola qui considérait la franc-maçonnerie comme « anti-traditionnelle », voyait en elle l’un des derniers vecteurs de la « Tradition » occidentale. Selon lui, la franc-maçonnerie pourrait se prévaloir d’une origine « traditionnelle » authentique et d’une transmission initiatique réelle, même si celle-ci a dégénéré par la suite, sous l’influence des pasteurs protestants à l’origine de la maçonnerie moderne, James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers. Ainsi Guénon n’hésite pas à écrire que « la véritable régularité réside essentiellement dans l’orthodoxie maçonnique ; et cette orthodoxie consiste avant tout à suivre fidèlement la tradition… » (Cité in Jean-Pierre Laurant, « Avant-propos » in René Le Forestier, L’Occultisme et la franc-maçonnerie écossaise, Archè, 1987). Dans plusieurs textes, il a affirmé « la filiation existant entre la franc-maçonnerie moderne, spéculative, et la maçonnerie ancienne, médiévale et opérative. Mieux encore, il a fait de cette continuité institutionnelle –ne fût-elle que subtilement décelable […] la condition sine qua non de la légitimité traditionnelle et de la régularité initiatique de la maçonnerie » (Roger Dachez, « René Guénon et les origines de la franc-maçonnerie. Les limites d’un regard », in Jean-Pierre Brach et Jérôme Rousse-Lacordaire (dir.), Études d’histoire de l’ésotérisme, éditions du Cerf, 2007). Cette idée de « Tradition » immémoriale séduit une frange de l’extrême-droite allant des « traditionalistes-révolutionnaires » aux nationalistes-révolutionnaires et en passant par des anciens de la Nouvelle droite.

Il faut également garder à l’esprit qu’il existe quelques loges maçonniques d’extrême-droite, au discours réactionnaire sur le plan des mœurs et faisant l’éloge de la hiérarchisation, les loges servant à recruter et à former une nouvelle élite intellectuelle et spirituelle. Ces loges, souvent irrégulières et/ou issues d’obédiences marginales ultra-conservatrices, cherchent à maintenir la « Tradition », abandonnée par les loges « révolutionnarisées », ainsi qu’un élitisme spirituel et moral contre le délitement du monde contemporain. En outre, depuis sa naissance officielle jusqu’à la fin du XIXe siècle, la franc-maçonnerie fut théiste, et donc ouverte à des développements mystiques, voire ésotériques/occultistes. Ces premières loges furent aussi empreintes de positions élitistes, expression de l’aristocratisme de l’époque : outre les athées, les femmes, les serfs et les personnes de condition modeste étaient exclues des loges. Cet aristocratisme persista et se mêla aux thèses guénoniennes.

De plus, il ne faut pas oublier que le fascisme eut dans un premier temps un accueil favorable dans les milieux maçonniques italiens, du fait de l’anticléricalisme affiché du mouvement fasciste. De plus, la franc-maçonnerie italienne, héritière des idéaux du Risorgimento, était plutôt nationaliste, ce qui favorisa encore le rapprochement. En effet, le fascisme reçut un accueil favorable de la part de tout un courant mêlant tradition gibeline, franc-maçonnerie, occultisme et paganisme italique. Ce courant mystico-intellectuel, autour notamment de l’Italien Arturo Reghini, se caractérisait par un nationalisme et un antichristianisme virulents. Il fut attiré par le fascisme, croyant que Mussolini restaurerait la grandeur de l’Italie. Certains d’entre eux firent même partie des premiers fascistes, tel Eduardo Frosini. Arturo Reghini était un ami et un correspondant de Guénon, mais aussi de Julius Evola. Occultiste, il était membre à la fois de l’Ordo Templis Orientis (ou OTO, ordre magique fondé vers 1895 par un journaliste allemand, Theodor Reuss et un riche industriel autrichien, Karl Kellner, passionnés par l’ésotérisme et l’Orient. À la mort de Kellner en 1905, Reuss le réorganisa sur des bases nouvelles, en particulier sur la magie sexuelle. Le célèbre occultiste anglais Aleister Crowley implanta l’ordre en Angleterre en 1912. À partir des années vingt, il est impossible de distinguer l’OTO de la « religion de Thélème » de Crowley, les deux fusionnant) et de la principale obédience maçonnique italienne (il a même créé son propre rite maçonnique, le Rite philosophique italien). En 1903, il fonda la Biblioteca Teosofica et fut à l’origine de la section italienne de la Société théosophique dans laquelle il aurait développé son anticléricalisme. Violemment antichrétien, Reghini signait parfois des articles sous le pseudonyme « le vicaire de Satan ». En effet, « Inconsciemment et à sa manière, Reghini puisait à cette source et en faisait le jeu, exaltant les anciennes “vertus italiques” et la doctrine gibeline de l’Empire, et adressant d’âpres critiques au christianisme, accusé d’être une “croyance asiatique” dont le fondateur Jésus, n’était qu’“un mégalomane hypocondriaque et sentimental, dont la vision du monde créé par Dieu menait à la compassion et aux pleurs” » (« G. M. », « Guénon, De Giorgio et la “réorientation” de Julius Evola », in G. De Giorgio, L’instant et l’éternité, Archè, 1988). Selon Arturo Reghini, pour en finir définitivement avec « […] “l’exotique croix chrétienne” il fallait “rétablir une religion, au sens étymologique et païen du terme, entre l’humain et le divin. Mais ce lien, ce rapport, doit être effectif, magique, religieux et ne peut être établi par une religion qui n’est plus qu’une croyance et un résidu sentimental” ». Reghini fut aussi le théoricien principal de la « religion italique », une variante italienne du néopaganisme, dans sa variante impériale romaine. C’est en effet avec cet auteur « [...] que la Voie romaine tend à devenir plus explicite, même s’il appartient au courant “orphico-pythagoricien”, marginal par rapport à la Tradition romaine proprement dite. Ce fut précisément autour des revues de Reghini, Atanor (1924), puis Ignis (1925), et enfin, après les ordonnances de Bodrero et les lois sur les sociétés secrètes, Ur (1927-1928) officiellement dirigée par Julius Evola, que se rassembleront tous ceux qui cherchaient à donner au régime [fasciste] un caractère néo-païen et romain » (Renato Del Ponte, « Les courants de la Tradition païenne romaine en Italie », Antaïos, nº 10, été 1996). De fait, comme beaucoup de partisans de la « voie romaine », Arturo Reghini était un ardent nationaliste qui soutint l’expédition de Gabriele D’Annunzio à Fiume en septembre 1919. Il défendit l’État fasciste, qu’il jugeait anticatholique, jusqu’aux accords de Latran. Il affirmait également l’aspect païen de la franc-maçonnerie, en particulier ce qui concerne son aspect méditerranéen, égyptien et pythagoricien.

Cette franc-maçonnerie païenne existe encore, et elle n’est pas confinée aux rites marginaux. Ces francs-maçons païens recherchent en fait une supposée tradition maçonnique, abandonnée à la suite des pressions de l’Église catholique. La christianisation forcée de la franc-maçonnerie est un thème récurrent chez certains maçons hétérodoxes, notamment chez ceux qui se réclament de la tradition celtique ou de la tradition italique. Un thème qui plaît beaucoup aux militants d’extrême-droite initié à la franc-maçonnerie.

Enfin, la franc-maçonnerie attire aussi des catholiques intransigeants, en dépit du rejet général pour celle-ci dans ce milieu. Ces maçons d’un genre particulier se placent dans la filiation du penseur contre-révolutionnaire et catholique intransigeant Joseph de Maistre. Il fut initié au rite écossais rectifié et fut membre de la loge « La Sincérité » de Chambéry. Au sujet de la franc-maçonnerie, il a pu écrire au baron Vignet des Étoles que « la franc-maçonnerie en général, qui date de plusieurs siècles […] n’a certainement, dans son principe, rien de commun avec la révolution françoise (sic) » (Écrits maçonniques de Joseph de Maistre et de quelques-uns de ses amis francs-maçons, Œuvres, t. II, Slatkine, 1983). En 1810, il regrettait de n’avoir pas pu accepter une invitation d’une loge russe. Il était aussi membre de sociétés initiatiques maçonniques et paramaçonniques chrétienne, notamment de l’Ordre des Élus Coëns, fondé par Martinès de Pasqually. De fait, Maistre défendait une franc-maçonnerie religieuse contre une franc-maçonnerie rationaliste, moderniste. Cette franc-maçonnerie spirituelle serait selon lui beaucoup plus ancienne et respectable que la franc-maçonnerie moderne, qui ne serait, quant-à-elle, qu’une branche divergente corrompue, une idée que nous retrouvons chez René Guénon. De fait, il est fréquent de voir des guénoniens proches de l’extrême-droite devenir maçons et abandonner ensuite leur guénonisme pour un illuminisme influencé par Maistre. C’est le cas, par exemple, de Jean-Marc Vivenza : membre de Troisième voie, un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dirigé par Jean-Gilles Malliarakis, puis lors de la scission des radicaux, il rejoignit la Nouvelle résistance de Christian Bouchet dont il s’éloigna rapidement. Il fut également un compagnon de route de Synergie européenne, une structure nationaliste-révolutionnaire et völkisch fondée par l’ancien néo-droitier Belge Robert Steuckers. Chantre du futurisme dans les années quatre-vingt (il publia plusieurs brochures sur la question, dont Fondements bruitistes, paru en 1984 et réédité en 2015) et musicien bruitiste, il abandonna ses thématiques initiales au profit d’une forme d’antimodernité traditionnelle, inspirée du christianisme illuministe.

Si la franc-maçonnerie est globalement rejetée par l’extrême-droite, dans son acception générique, il est cependant impossible de  considérer  ce courant politique dans son intégralité comme antimaçonnique. En effet, il existe des liens entre franc-maçonnerie et droite radicale, comme nous venons de le voir. Cet intérêt pour la franc-maçonnerie rejoint le goût de certains de ces militants, cadres ou théoriciens pour l’ésotérisme, en particulier dans la variante guénonienne. Il rejoint également l’intérêt pour la magie et la maçonnerie de marge. En outre, le rejet croissant de l’islam et des musulmans par certains francs-maçons, au nom de la supposée incompatibilité de cette religion avec la laïcité à la française, fait que ces derniers développent, sans s’en apercevoir, un discours raciste et trouvent des charmes au Front national... voire adhèrent à ce parti.

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357 11/08/2017 19:19

Article magistral !

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