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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Les sectes et l’État

 

Rédac'

Raison d’état (La Découverte, 2017), ouvrage d’Étienne Ollion, revient sur les origines de la lutte antisecte en France. Ce livre capital permet de comprendre comment a été élaboré en France le combat contre le phénomène sectaire. Mais qu’est-ce qu’une secte ? La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) en donne les critères, répartis en deux grandes catégories :

1/le danger pour l’individu (déstabilisation mentale, rupture avec la famille, pression financière insupportable, atteinte à l’intégrité physique, embrigadement des enfants) ;

2/le danger pour la société (troubles à l’ordre public, discours antisocial, démêlées judiciaires, détournement de fonds, et enfin, tentatives d’infiltration des pouvoirs publics).

La première partie de l’ouvrage nous explique la naissance du combat contre les sectes. Ainsi l’auteur montre le rôle de membres du clergé catholique dans son apparition, ceux-ci voyant d’un mauvais œil le déclin de la pratique catholique dès la fin des années 1950 et l’essor, la décennie suivantes, de cultes nouveaux ou/et marginaux, comme L’Église de l’unification, l’Église de scientologie, L’Association internationale pour la conscience de Krishna, Les témoins de Jéhovah, etc., qui laissent les parents de membres démunis face à ce phénomène. Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui créent les premières associations. L’État n’intervient concrètement qu’au milieu des années 1980 à la suite du rapport d’Alain Vivien : Les sectes en France : expressions de la liberté morale ou facteurs de manipulations ? Son intervention devient plus importante la décennie suivante, avec la mise en place de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en 1996, sur fond de « suicides » des membres de l’Ordre du Temple solaire. La MILS deviendra en 2002 la MIVILUDES. La pratique française de la gestion du phénomène sectaire a d’ailleurs provoqué des réactions parfois virulentes à l’étranger, en particulier aux États-Unis qui y voyaient une politique bafouant la liberté religieuse des citoyens français. Très bien écrit, sans jargonnage, cet ouvrage permet de comprendre des enjeux contemporains qui restent sensibles.

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A
Ce n'est pas parce qu'on en parle moins que les sectes ont cessé d'être dangereuses<br /> Ce livre est donc très utile surtout que le déclin des religions traditionnelles se poursuit
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