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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

À propos du n°8 de « La Revue du Crieur »

Rédac'

 

Ce nouveau numéro de La Revue du Crieur, coédité par La Découverte et Mediapart, comprend pas moins de dix articles qui, comme à l’habitude, balayent un très large éventail thématique.

 

Cela commence par une réflexion de Nicolas Chevassus-au-Louis sur l’évolution que le regard humain porte à la condition animale. Entre autres facteurs, la multiplication des appels au végétarisme témoigne de ce changement de mentalité. L’auteur estime que certains puisent dans cette cause un nouvel élan utopique et regardent l’animal en miroir.

 

Amélie Quentel construit ensuite un réquisitoire des plus sévères contre le féminisme blanc et grand bourgeois d’Élisabeth Badinter qui se double d’une critique du féminisme républicain universaliste. L’auteure se fait défenderesse d’une religion, principalement musulmane, qui ne serait pas une aliénation. L’envie nous prit à la lecture de cet article de renvoyer les deux dames dos à dos.

 

Antoine Péqueur s’indigne ensuite, à juste titre, des rémunérations des grands chefs d’orchestre qu’il se plait à comparer à la fois à celles de certains footballeurs et à celles des musiciens de base. Une certaine inflation s’est en effet produite ces dernières années, d’autant plus scandaleuse que ces émoluments des porteurs de baguette sont pris sur de l’argent public.

 

Zoé Carle s’attaque à la prise en compte de problématiques écologiques par certains courants de la droite dure empruntés à la gauche anticapitaliste qui ne manquent pas de brouiller les cartes, ce qui participe de la reconfiguration du paysage politique et peut rendre plus délicate une certaine critique.

 

On se promène également dans le désert égyptien avec l’enquête de Roman Stadnicki, voyage fort bien illustré par les photographies de Manuel Benchetrit, en particulier sur un projet de nouvelle capitale baptisée Sissi-City et semble risquer d’avorter comme d’autres  utopies urbano-désertiques avant elle.

 

Laura Raim nous donne des nouvelles de la gauche américaine. Celle-ci cherche à se construire en alternative bien évidemment au trumpisme ambiant, mais aussi au courant démocrate bourgeois et elle semble soulever de plus en plus d’enthousiasme dans une jeunesse qui redécouvre le socialisme, notamment autour d’un journal, Jacobin, en français dans le texte.

 

Dans un tout autre registre, Juliette Vockler retrace l’évolution du « monde enchanté »  d’un design sonore qui se situe « entre création artistique et ingénierie sociale », registre dont les pouvoirs de séduction et d’évocation sont aujourd’hui utilisés par le marketing pour faire évoluer un monde que l’on sait saturé d’images.

 

Défense et illustration de la pensée de Giorgio Agamben, penseur véritablement révolutionnaire. C’est ce que nous propose Ivan Segré qui insiste sur une des idées centrales du philosophe, le fait que la frontière entre la normalité et l’état d’exception tende à s’estomper.

 

L’évolution des libertés en Israël inquiète  fortement Chloé Dumoulin qui note de nombreux assauts de la part du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu, lequel supporte de moins en moins les voix dissonantes et multiplie les atteintes contre la liberté d’expression et de création.

 

In fine, on trouvera un excellent article de Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin sur le statut symbolique autant que politique des Balkans, territoire post-communiste qui constitue un nouvel échec pour l’Europe occidentale, laquelle semble reprendre à son compte, pour les habitants de l’Europe centrale, une image de Sauvages impossibles à civiliser complètement, mais indispensables pour nous protéger des Barbares.

 

Cette nouvelle livraison de la revue quadrimestrielle datée d’octobre 2017, pour laquelle l’abonnement est proposé à 43 euros, offre, on l’aura compris, une grande variété de sujets, abordés comme il se doit sous l’angle de la critique du libéralisme ambiant.

 

 

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