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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

« L’autre Blanchot. L’écriture de jour, l’écriture de nuit » de Michel Surya

Jean-Pierre Bacot

 

Sans s’intéresser au travail littéraire ou philosophique de Maurice Blanchot dont nous avons parlé dans un précédent article, dans L’Autre Blanchot (Gallimard, 2015), Michel Surya entreprend de tailler en pièces son système de défense face à ses engagements d’extrême-droite de jeunesse. Il lui reproche en particulier de ne pas s’être appliqué à lui-même l’éthique qu’il reproche à Heidegger d’avoir plus que négligée, alors qu’il en était le théoricien. Blanchot écrivit en effet à propos d’Heidegger, dans une lettre à Catherine David en 1988 publiée dans Le Nouvel observateur : « Chaque fois qu’il fut prié de reconnaître son ‘erreur’, il garda un silence rigide ou s’exprima de telle sorte qu’il aggrava sa situation ».

 

Michel Surya considère également que la deuxième période idéologique de Blanchot, marquée par des options d’extrême gauche, comme la troisième, relevant d’une sorte de judaïsation athée, ressortissent du même ordre de croyance. L’auteur pointe le fait que le couple nazisme/communisme, dès lors que bon nombre d’intellectuels en ont été prisonniers, ce qu’Hannah Arendt a longuement analysé, interdit les positions éthiques de Blanchot.

 

De plus, ce livre ayant été publié avant la parution des textes de Blanchot  des années 1930, l’auteur, qui connaissait ces écrits, pose le cas d’un journaliste nationaliste, mais aussi fasciste, à l’antisémitisme retenu, mais non moins évident.

Sur ce plan  on ne peut qu’être d’accord avec Michel Surya et, qui sait, avec Blanchot lui même. Quant à l’œuvre, il reste possible d’en discuter dans la mesure où elle est ancrée dans cette faute originelle. La spécificité du travail littéraire demeure spectaculaire et à notre humble avis, elle se nourrit des faiblesses relevées par Michel Surya dans l’incarnation d’une problématique aussi lourde que nécessaire, celle de l’écriture contre la mort.

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