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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

À propos des numéros 646 et 647 de « La Raison »

Nous avons récemment reçu deux exemplaires du magazine La Raison que l’on pourrait qualifier d’organe officiel de la Fédération française de la Libre pensée après avoir été, de 1933 à 1936, celui de la Fédération anarchiste. Je précise cela parce qu’en tout état de cause, la lecture des articles, leur structure rhétorique et politique m’ont profondément rappelé les pages du Monde libertaire dont la publication assez peu suivie contient des analyses fort pertinentes. C’est toujours le cas pour La Raison.

Ceci étant, les amateurs doivent être prévenus. Comme pour les anarchistes, les libres penseurs écrivent pour des initiés et particulièrement en référence à des principes que je qualifierais de largement bio-conservateurs en matière politique. Je trouve cela dommage dans la mesure où j’ai du mal à penser qu’il puisse exister une réserve idéologique entre la modernité et la pensée libérée des dogmes. Je ne veux pas dire, comme certains - y compris malheureusement dans les rangs des francs-maçons - qu’il faille moderniser la laïcité ou la séparation des églises et de l’État, je veux simplement dire que la nature de l’obscurantisme a changé et qu’il semblerait que celle de la Libre pensée reste sur ses bases. Que l’on me comprenne bien, je suis laïque et athée, un athée « stupide » comme disent Les Constitutions d’Anderson, c’est pourquoi je pense que la lutte contre l’obscurantisme n’est pas une forteresse que l’on peut prendre d’assaut par toutes les voies les plus séduisantes du créationnisme, du « Grand dessein » ou de la transformation des termes de l’éthique pour la transformer en morale et enrober notre société de ce monothéisme doucereux que l’on nous vend sous les différentes formes du « politiquement correct » et des communautarismes porteur de toutes les culpabilisations de la « bien-pensance ».  Sur ces points, La Raison est un bain de fraicheur sur des bases, parfois IIIème République, mais, on en conviendra, il est bon, comme nous le rappellent souvent les tenant de la remise en cause de la laïcité, de se ressourcer afin de garder toujours présent à l’esprit que ce qui change d’apparence conserve sa nature intrinsèque. Bref, il est bon de garder un œil ouvert et méfiant quant aux religions et autres croyances « obscurantes ».

Néanmoins, même si mon naturel athée me porte à adhérer à l’idée de la Libre pensée, je ne peux m’empêcher de me poser trois ou quatre questions sur le sujet. Tout d’abord, doit-on englober dans le même argumentaire, l’affirmation que cette « Libre pensée » puisse se définir comme une méfiance permanente de la modernité. Cela, on en convient, la réduirait à être beaucoup moins libre qu’elle ne le prétend. « Sic transit gloria mundi », pour citer le Président, Jean-Sébastien Pierre, dans son éditorial. En effet, si le monde change, la nature même de l’athéisme ne doit-elle pas se trouver dans l’usage d’une intense curiosité plus que dans la frilosité ? Car, en définitive, qui ne reste pas crispé sur ses combats est condamné à les subir ? Ou, du moins, à en subir les conséquences ? Si le mal, comme le prétendait Hobbs, n’existe que par l’inaction des gens de bien, ces derniers doivent-ils se définir comme des militants d’un monde figé ? Ou qui aspire à l’être ? Qu’il faille faire en sorte de rendre l’obscurantisme grotesque, soit. Qu’il faille lutter contre le développement inconsidéré et, aujourd’hui inutile, de l’idée qu’une entité virtuelle puisse contrôler nos vies sans que jamais qui que ce soit n’en vienne à constater que ce contrôle est surtout exercé par ceux qui édictent la parole,  je n’en disconviens pas. Il reste nécessaire, pour ce qui concerne une revue destinée à un public convaincu de faire en sorte que les articles soient des documents plus que des plaidoyers faute de quoi, le risque serait de tomber à l’identique de la frange la plus rigoriste de la zététique crispée sur le socle inamovible d’une sorte de raison cartésienne fermées à toute curiosité.

Pour revenir aux articles, la difficulté réside, je viens de le dire, sur le point des références. Elles sont généralement réputées acquises ce qui, à mon sens, fait perdre en qualité certains textes qui en sont, par ailleurs, doté. C’est particulièrement vrai pour ce qui concerne le dossier sur l’antimaçonnisme.

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M
Pour dire merci voici quelques mots :<br /> ICI JE SUIS TOUT ET JE NE SUIS RIEN<br /> (Ou la réconciliation)<br /> Je suis communiste<br /> Je suis croyant<br /> Je suis franc-maçon<br /> Je suis non croyant<br /> Je suis juif<br /> Je suis libre penseur<br /> Je suis noir<br /> Je suis blanc<br /> Je suis rouge<br /> Je suis jaune<br /> Je suis vert<br /> Je suis conformiste<br /> Je suis anarchiste<br /> Je suis alchimiste<br /> Je suis pauvre<br /> Je suis exclu<br /> Je suis un chien<br /> Je suis une herbe folle<br /> Lorsque pour rien on me jette la pierre<br /> Je ne suis rien lorsque tout va bien <br /> Car je laisse parler mon cœur pour moins de malheur et plus de bonheur<br /> Mes amis me reconnaîtront bien<br /> <br /> FRATERNITE humaine, animale, végétale, internationale
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E
Cette Raison là n'a jamais été une revue anarchiste<br /> C'était une autre
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