Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
Dans le numéro 6 de Critica Masonica récemment paru, Roger Dachez qui vient de publier Franc-maçonnerie, régularité et reconnaissance (Conform), ouvrage dont ce blog a rendu compte, propose un article où il trace d’abord l’histoire de la conscience historique qu’ont progressivement construite les humains, avant qu’une autre construction n’intervienne, celle de la notion de tradition.
L’auteur défend une démarche épistémologique rigoureuse dont il constate de longue expérience qu’elle n’est pas partagée par la plupart de ceux qui produisent des recherches en franc-maçonnerie. Cela tient à ses yeux à deux facteurs essentiels, une certaine inculture et une volonté de construire un passé glorieux. D’où une forme de révisionnisme qui contribue, en France, à dissuader les universitaires de s’attaquer à un domaine qui relève trop souvent d’une histoire sainte. Roger Dachez donne plusieurs exemples de débats sensés installer une spécificité ou une ancienneté, mais qui ne reposent en fait sur aucune réalité attestée.
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