Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
3 Mars 2018

Jean-Pierre Bacot
Les médias de toutes sortes et de tous bords ont transmis récemment nombre de synthèses des données qui résultent du recensement de 2015, comparées à celle du précédent, datant de 2012 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1908103.
L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) estime qu’au premier janvier 2016, la France comptait 66,6 millions d’habitants, dont 64,5 en métropole et 2,1 pour les départements et territoires d’Outre-mer. L’augmentation annuelle est faible : 247 000 personnes. Le solde naturel, soit les naissances moins les décès, est de 200 000. Donc le solde migratoire, à savoir la différence entre ceux qui sont arrivés (hors naissance) et ceux qui sont partis (hors décès) est de 47 000 personnes par année.
Le nombre des naissances, estimées à 800 000, toujours par an, l’extrême précision viendra sans doute plus tard, est une donnée que bien des pays européens nous envient. Ce nombre est cependant le plus faible qui ait été enregistré depuis 1976, l’INSEE nous rappelant que l’on se trouvait alors juste après la fin du fameux baby-boom. Mais, parallèlement, le nombre de décès, 600 000 n’a jamais été aussi fort depuis l’après-guerre. La France est certes passée devant la Grande-Bretagne et ses 64,8 millions d’habitants et est encore loin de l’Allemagne qui en est à 81,2 mais sa population pourrait bientôt baisser. Pour ce qui est de l’espérance de vie, c’est déjà chose faite : 85 ans pour les femmes (- 0,4) et 78,9 ans pour les hommes (- 0, 3). Sur ce sujet, l'idée fort répandue d'une population française vivant de plus en plus longtemps est hélas démenti par les faits. S'agit-il d'une exception, du début d'un plafonnement ou d'une véritable baisse, attendons confirmation de ce qui pourrait être, dans l'hypothèse pessimiste, un événement considérable.
Par voie de conséquence, dans la mesure où le nombre de naissances marque une tendance à la baisse et celui des décès une hausse, on peut raisonnablement estimer que dans un avenir proche - ce que le prochain recensement qui aura lieu cette année, en 2018, devrait corroborer- la population française aura légèrement baissé, le solde naturel devenant négatif.
Pour en revenir au solde migratoire de 47 000 personnes, il synthétise les arrivées d’étrangers, les départs de Français (pour une période longue, les touristes n’étant pas concernés), mais aussi les Français qui reviennent et les étrangers qui repartent. Si un humain est un humain, il est très utile de pouvoir ainsi égaliser celui ou celle qui arrive en France chassé par une guerre et/ou la misère et celui ou celle qui s’en va, attiré par un salaire, une relation amoureuse ou une tentation postcoloniale.
Pour ce qui est des données concernant les étrangers, elles datent de 2014, mais devraient être elles-aussi bientôt actualisées : www.insee.fr/fr/statistiques/1906669?sommaire=1906743. Cette année-là, le flux annuel des acquisitions de la nationalité française avait progressé légèrement par rapport à 2013 pour s'établir à 105 613. Entre 2006 et 2014, ce sont 1,6 millions d’immigrés qui sont arrivés en France, 500 000 sont repartis et 400 000 sont décédés sur notre territoire. La part de la population totale immigrée est passée de 2006 à 2014 de 8,1 à 8,9%. Si l’on transpose à des données annuelles, cela donne à peu près 200 000 arrivées d’étrangers par an, 85 000 départs et 50 000 décès. Quant à la classification professionnelle de ces arrivants, sur un peu plus de 1,7 millions présents sur le territoire national en 2014 - soit moins de 5% de la population totale, on sait que 601 000 étaient des ouvriers, 532 000 des employés, 226 000 des membres de professions intermédiaires, 191 000 relevaient d'un statut de cadre ou exerçaient précédemment une profession intellectuelle supérieure 129 000 étaient artisans, commerçants et chefs d’entreprise et 48 000 chômeurs.
On vient d'apprendre également ( le Figaro.fr du 10 février), que l'Italie avait perdu l'année dernière 100.000 habitants, malgré l'immigration ceci étant dû essentiellement à une nouvelle chute de la natalité qui touche désormais également le mezzogiorno.
On pourra tourner ces données dans tous les sens : la France, comme l'Italie et d'autres pays européens n’e sont pas envahis, ils ont probablement fini de vieillir indéfiniment, et ont besoin, pour reprendre les expressions traditionnelles, et d'urgence, de bras et de berceaux. Il est à peine utile d’être humaniste pour comprendre la situation. Mais il se trouve que nous le sommes et que la manière dont les gouvernements occidentaux à quelques exceptions, mais pas la nôtre, traitent la question et plus encore certains demandeurs d’asile, peut doublement nous révolter, d'abord en ne faisant pas de publicité sur les réalités démographiques, ensuite en durcissant les conditions d'accueil des malheureux. Auraient-ils peur d'un petit remplacement? Renaud Camus en livre de poche...