Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
Benjamin Rathery
Ce qui est sûr, c’est que l’échange de petites piques entre les présidents français et américains ne mènent à rien, quand, par exemple, Emmanuel Macron a lancé « Make your Planet great again » le 1er juin 2017, en détournant le slogan électoral de Donald Trump « Make America great again. » Les concours de poignées de mains viriles ne marchent guère mieux, comme le 14 juillet 2017 à Paris sur les Champs Élysées où cela avait duré 27 secondes (!).
La gestion de la crise sanitaire Covid-19 a encore creusé l’écart entre la France et les États-Unis. D’un côté, Emmanuel Macron est résolu à agir dès le 12 mars 2020 « quoi qu’il en coûte », de l’autre côté, Donald Trump twitte le 23 avril « Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même. » Quand Emmanuel Macron affirme le 16 mars avoir « la confiance dans la science » muni des avis du Comité scientifique, Donald Trump demande, le 23 avril 2020, de tester « une grande dose d'ultraviolets ou simplement une lumière très puissante » ou « une injection dans le corps » de désinfectant pour lutter contre le virus.
Nous voilà ramenés à l’époque de l’affrontement entre Ronald Reagan et François Mitterrand quand Jack Lang dénonçait le 27 juillet 1982 à Mexico : « l’impérialisme financier et intellectuel »... américain.
Pour espérer retrouver la voie de l’amitié et du respect, il faudrait proposer à Emmanuel Macron et à Donald Trump de lire - s’ils lisent encore - Rosa Bonheur et Buffalo Bill, une amitié admirable de Natacha Henry (Robert Laffont, 2019). Ce roman raconte une histoire vraie qui « s’est déroulée en 1889, à la faveur de l’Exposition universelle de Paris ».
En 1889, William Cody alias Buffalo Bill vient en France, à Paris avec son Wild West Show. Rosa Bonheur, peintre animalière, apprend la nouvelle et va voir le spectacle le 3 septembre. Elle rencontre Buffalo Bill, ce dernier apprécie ses tableaux, surtout Le Marché aux chevaux. Une amitié nait dont Natacha Henry raconte les étapes : « Amis des animaux, ils parlaient un langage commun, le souci du bien-être de leurs bêtes. » Ils apprennent à se connaître. Rosa Bonheur finit d’ailleurs par faire le portrait équestre de William Cody et Natacha Henry imagine que lorsque le Wild West Show revient à Paris en 1905 alors que Rosa Bonheur est déjà décédée, William Cody invite sa dernière compagne, Anna, et fait jouer devant elle la reconstitution du Marché aux chevaux avec des percherons.
Si une peintre homosexuelle et un cow-boy qui avait été capable de scalper une Cheyenne, ont pu se trouver un point commun à partir duquel bâtir une relation franche, amicale et empreinte d’admiration réciproque, il ne faut pas désespérer des deux présidents... sauf si, à la différence de Rosa Bonheur et Buffalo Bill, leur ego est leur seul point commun, car en ce cas, les voilà réduits à continuer à jouer aux deux aimants identiques qui se repoussent.