Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
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Jean-Pierre Bacot
L’historien Roger Dachez reprend aujourd’hui les rênes de cette revue indispensable, unique en son genre, spécialisée dans les origines de la franc-maçonnerie, fondée jadis par René Guilly sous le pseudonyme de René Desaguliers. Après plus d’un demi-siècle d’existence, la fine équipe qui préside aux destinées de la publication a transformé la maquette et le contenu.
Deux numéros doubles par an déclineront comme auparavant un dossier dépliant des recherches originales. Mais s’ajouteront des articles en varia, une rubrique iconographique (Emblamata Latomorum), un « retour aux classiques » (notes critiques de lecture), des études sur les francs-maçons du passé, la précieuse contribution du spécialiste Jean-Michel Mathonière à l’histoire du compagnonnage, des comptes-rendus de livres et une revue des revues. De plus, Renaissance traditionnelle va bientôt accueillir en son sein la résurrection d’une revue défunte, née en 1976, crée par et Antoine Faivre, Nicolas Jacques et Robert Amadou, intitulée Les cahiers de Saint-Martin et consacrée à l’illuminisme maçonnique et son célèbre adepte, Louis-Claude de Saint-Marin, dit « le philosophe inconnu ».
Ce beau programme, le nouveau numéro de RT commence à l’illustrer à travers une série d’articles qui raviront les habitués, d’autant qu’ils relèvent d’un travail à dimension internationale. Joannes Augustinus Maria Snoek s’intéresse au développement précoce du degré de Maître Écossais en Allemagne et dans les pays voisins. Quant à John Belton et Rocher Dachez, ils ont creusé la question des Union Lodges de Londres et celle de l’expansion de la franc-maçonnerie en Europe.
Roger Dachez a également réfléchi sur l'origine et le fonctionnement des expressions « Francs-maçons » et « Maçons libres », entre sémantique et histoire, dans un article qui en surprendra plus d’un-e, pendant que Philippe Langlet travaillait sur une prière d’entrée au chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem.
Roger Dachez, décidément intarissable, a également cherché et trouvé une source du Rite Écossais Rectifié dans des devises figurant dans des tapisseries du Roy dont la reproduction fut publiée à partir de 1688. Pour sa part, Philippe Langlet revient sur un livre célèbre de 1751 qui s’appelait Le franc-maçon démasqué. Pour ce qui est de la rubrique « Francs-maçons du passé », Marc Mirabel trace le portrait de Jean-Pierre Louis Beyerlé (1738-1805), qualifié d’anti-Willermoz et Roger Dachez celui d’un personnage peu recommandable, François Le Boucher de Lenoncourt, dont les dates de naissance et de décès sont à ce jour toujours inconnues.
Côté compagnonnage, Jean-Michel Mathonière nous donne des nouvelles de ses nouvelles trouvailles en archives, cette fois-ci sur les compagnons étrangers tailleurs de pierre de Montpellier.
On aura compris que la métamorphose de cette vénérable revue aura relancé l’intérêt que l’on peut lui porter, numéro après numéro. Face aux tonnes d’interprétations parfois délirantes qui se publient sur papier ou en ligne sur les origines de la franc-maçonnerie, les recherches scientifiques menées depuis un demi-siècle et plus par cette revue qui n’est liée à aucune obédience et n’exige pas de ses contributeurs d’être membres de l’ordre, méritent l’admiration. Cette publication est vendue (numéro double) 30 euros et l’abonnement (deux numéros), 50 euros. Le site de la revue est accessible sur www.renaissance-traditionnelle.com.