Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
27 Mars 2024
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Marc Gauchée
Et si Louis XVI n’avait pas été guillotiné le 21 janvier 1793, mais condamné à l’exil ? C’est cette uchronie qu’imagine et raconte Yann Tanguy dans Louis. L’échappée belle (éditions Mutine, 2023). Mais attention, il ne s’agit pas de réhabiliter la monarchie sur le thème du « c’était mieux avant », ni d’entamer une plaidoirie royaliste. Au contraire, il n’est pas - ou peu - question de politique française et révolutionnaire dans ce court roman. En fait, ce que découvre Louis, banni de France, c’est tout simplement la liberté : liberté d’aller et venir comme bon lui semble et liberté de choisir ses amours : « pour la première fois de son existence, il lui était permis de prendre une décision qui ne lui avait pas été dictée ». Et c’est en Amérique que Louis entame sa seconde vie.
L’échappé, d’abord à Philadelphie, devient plus sauvage quand la Convention devenue montagnarde veut récupérer ce qu’elle considère comme un émigré passible de la peine de mort. Sur les conseils des dirigeants américains qui ne veulent pas le livrer aux Robespierristes guillotineurs, Louis part avec ses amis (un Jésuite, un Irlandais, un Chevalier et un Iroquois), traverse l’Amérique, côtoie les Indiens...
Bien que ramassé (le roman ne fait que 71 pages et est suivi d’une autre histoire : Conversations entre amis à l’Hôtel Talaru), le périple de l’ex-roi Louis est riche de multiples péripéties distrayantes, ironiques... et édifiantes.