Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
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Marc Gauchée
Dans Vie de chien (éditions Mutine, 2024), l’auteur évoque la perte de son chien, Thorong, qu’il avait pris peu avant sa retraite et qu’il a fallu « piquer » après 12 ans. Ce petit livre jongle sans cucuteries entre évocation de moments passés avec l’animal et réflexions sur les sentiments qu’un être humain peut éprouver pour son « animal de compagnie ». Tout part sans doute de ce constat tragique : à la différence des enfants, « on doit accepter l’idée que nous leur survivrons. On s’installe avec eux dans un présent perpétuel que l’on sait bref ».
Côté évocation, l’auteur s’adresse à Thorong comme de son vivant quand il lui délivrait de longs monologues : « ces confessions me soulageaient, sans doute parce qu’à l’image d’un analyste, tu portais à mes propos un égal intérêt sans manifester de réaction. Bien sûr, je ne te prêtais pas le pouvoir de comprendre mes réflexions mais, à toi adressées, elles ne restaient pas lettre morte et je rentrais, l’âme plus légère, comme après l’aveu d’un lourd secret ».
Côté réflexion, l’auteur rappelle combien les rapports à l’animal impliquent des impératifs éthiques : « sans défense, entièrement soumis à notre bon vouloir, l’animal nous oblige », y compris dans l’exercice de son rôle de « maître » : « en pédagogie, l’on aime imiter ses maîtres, pas les craindre ».
En 90 pages, l’auteur réussit à faire revivre la richesse d’une relation, les émotions ressenties et partagées jusqu’à la dose létale chez le vétérinaire. Je suis sûr que tous les chiens rêvent d’un maître comme Patrick Chailonick.