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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Point de vue / Soutien à Isabelle Kersimon

Jean-Pierre Bacot

Lancé par l’universitaire Jean-Yves Planchère, un comité de soutien à Isabelle Kersimon a été créé. Nous nous y associons bien volontiers, car nous connaissons Isabelle et attestons de sa probité.

Le jeudi 3 octobre se déroulera en effet le procès intenté pour « diffamation contre X » de notre amie et consœur, la journaliste indépendante Isabelle Kersimon, à la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, plus de trois ans après son dépôt de plainte. 

Isabelle travaille sur les sujets liés aux radicalités politiques depuis une vingtaine d’années. Elle est présidente d’honneur de l’INRER (Institut de recherche et d'études sur les radicalités).

Elle a notamment publié Les Mots de la haine, glossaire des mots de l’extrême droite en avril 2023 aux éditions Rue de Seine. En février 2021, elle cosignait sur le site Slate le premier travail d’enquête journalistique approfondi jamais mené sur le Printemps républicain. Cette enquête mettait au jour les méthodes problématiques, notamment le cyberharcèlement, dont sont victimes, journalistes en tête, celles et ceux qui critiquent ou nuancent le discours de cette association politique créée en 2016 pour défendre une « laïcité de combat ».

La réponse du Printemps républicain, publiée le 1er mars 2021 sur son site et toujours en ligne, met directement en cause la déontologie journalistique des « trois Pieds nickelés » de l’enquête, évoque des « conflits d’intérêt », l’incompétence « d’enquêteurs dépassés par des questions qu’ils ne maîtrisaient pas » ou encore la « posture malhonnête » d’Isabelle, des éléments supposés de sa vie privée étant livrés pour appuyer l’argument d’un travail entretenant « sciemment le lecteur dans l’ignorance d’éléments mettant en cause l’objectivité de ses auteurs ».

Isabelle n’a pas tardé à subir personnellement les agissements que son travail met en lumière. Le 4 juin 2021, le Conseil de l’Europe publiait donc une alerte pour « harcèlement et intimidation de journalistes » constatant que « la journaliste avait notamment été accusée sur Twitter de violer la déontologie journalistique, de diffuser des thèses conspirationnistes, d'être raciste, alcoolique et de soutenir les islamistes. Les attaques provenaient essentiellement d'une vingtaine de comptes identifiés ».

Les relais médiatico-politiques du Printemps républicain, qui avaient fait l’objet d’un volet de l’enquête, s’étaient en effet mobilisés sur « X » (ex-Twitter) : le texte diffamatoire avait été retweeté notamment par Marlène Schiappa, alors Ministre déléguée à la Citoyenneté, et Manuel Valls, soutien du Printemps républicain dès sa création lorsqu’il était Premier ministre. En mars 2024, L’Humanité publiait un article sur le cyberharcèlement dont Isabelle est toujours la cible. Quatre mois plus tard, en juillet dernier, Caroline Fourest, directrice de l’hebdomadaire Franc-Tireur, partageait de nouveau sur « X » le texte diffamatoire. 

On ne peut comprendre les « résurgences » en ligne de ce texte si on ne sait pas ce qu’il représente : l’acmé des campagnes de haine dont Isabelle est l’objet depuis la parution de son ouvrage Islamophobie, la contre-enquête en octobre 2014, campagnes qui l’accusent, d’un côté, d’être une militante d’extrême-droite islamophobe et, de l’autre côté, d’être un soutien des islamistes-deux accusations aussi absurdes l’une que l’autre.

Depuis dix ans, Isabelle a tenu le coup. Elle s’est battue avec ses armes : le journalisme, l’écriture. Mais l’acharnement qu’elle a subi en ligne s’est traduit, dans la réalité de sa vie, par des appels téléphoniques à ses employeurs, notamment. Elle a ainsi perdu un poste de journaliste pigiste et de nombreuses occasions de faire entendre sa voix, son travail et ses analyses dans des médias qui ne l’invitent plus, par suite d’interventions malveillantes. La qualité de son essai paru en avril 2023, Les Mots de la haine, a été saluée dans les milieux universitaires. Vous n’en n’avez pas entendu parler : il a été, pour le dire simplement et en un seul mot, silencié.

Après des années d’allégations mensongères la visant, « blacklistée » des rédactions, ne pouvant plus faire valoir son travail en tant que journaliste, Isabelle se trouve actuellement dans une situation de grande pauvreté. Ces actes durables et répétés ont eu raison de la force vitale qui la caractérise, qu’elle puise dans l’idéal journalistique : réputation ternie, pertes d’emplois donc de revenus, effondrement psychique, maladie physique invalidante, ces deux derniers points étant les conséquences attestées par le corps médical, sur sa santé, de cet acharnement. 

Il faut soutenir concrètement Isabelle, en tant que journaliste n’ayant rien fait de mal qu’exercer son métier. Isabelle doit payer son loyer, ses charges, se nourrir, se soigner. Elle n’en a plus les moyens. Nous avons donc ouvert une cagnotte accessible à cette adresse :

https://tribee.fr/participations/12QQAZT6DW8RTA04GY6H38PRMR

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