Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
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Jean-Pierre Bacot
Deux thèmes centraux dans ce nouveau numéro de la Raison (697, janvier 2025) : la défense de la loi de 1905, toujours menacée et dont le véritable accomplissement serait le respect d’une règle simple : à enseignement public, financement public, à école privée, financement privé. Un grand meeting national est prévu le 6 décembre 2025 et une résolution nationale vient d’être adoptée le 9 décembre 2024.
L’autre dossier, très bien argumenté, tient en la défense de la liberté de mourir dans la dignité. Les questions de la souffrance, de la place des religions et de la nécessité de procéder à des directives anticipées sont détaillées par Christian Eyschen. Le dossier avance dans le pays, même si ce qui perdure de droite chrétienne freine des quatre fers.
Le même auteur revient sur un artiste injustement oublié, François Béranger (1937-2003). Très apprécié dans les années 1970, ce poète-chanteur produisit trois albums, dont le dernier qui parut après sa mort, fut consacré au répertoire de Félix Leclerc. Mais sa chanson mythique restera « Tranche de vie », écrite en 1972, dont le refrain relève du pessimisme qui le caractérisait : « J’en suis encore à m’demander. Après tant et tant d’année/ À quoi ca sert de vivre et tout/ À quoi ça sert en bref d’être né. »
On trouvera évidemment des nouvelles de quelques personnages peu reluisants, comme l’Archevêque anglican de Canterbury, Justin Welby, qui vient de démissionner, de la campagne de débaptisation qui souffle sur la Belgique, d’une cellule dédiée à l’exorcisme du diocèse de Lyon et d’une messe pour protéger Toulouse contre un opéra urbain, « la porte des ténèbres ». Cet ennemi, le catholicisme et sa variante anglicane ne désarment pas. Les autres ne semblent toujours pas exister.
Alain Vauchelles reprend sa chronique cinématographique rhapsodique, au gré de ses visionnages récents, avant un article de votre serviteur sur le roman d’Aurélien Bélanger, Les derniers jours du Part Socialiste, satyre fort bien écrite de ce que fut le « Printemps Républicain ».
Suit un hommage de Michel Sidoroff à Robert Margerit (1910-1988) qui fut un écrivain-chroniqueur très apprécié de la Révolution française et inventeur d’un personnage, Claude Mounier-Dupré, qui permettra à l’auteur de tenter de vivre les événements de l’intérieur. Ce fut un de ces romanciers historiques qui, pour peu qu’ils fussent rigoureux dans leur documentation, auront permis d’élargir le public et de construire à la fois une connaissance et un imaginaire d’un moment clef de l’histoire.
Clément Denuit revient ensuite sur la morale anarchiste de Pierre Kropotkine, ami d’Elisée Reclus, à la fois naturaliste, matérialiste et athée, une conception parfois quelque peu naïve, mais en tout cas généreuse.
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Pierre Boussel-Lambert - Photo Radio France
Autre hommage, toujours par Christian Eyschen, cette fois-ci au « parrain rouge », Pierre Boussel dit Lambert (1920-2008), dont l’essayiste François Bazin vient de publier la biographe de celui qui fut un très important agent d’influence, chez Plon, sous-titrée « Pierre Lambert, les vies secrètes d’un révolutionnaire. Le nombre d’anciens et d’actuels trotskistes lambertistes est tel, y compris à la Libre Pensée, que cet ouvrage devrait constituer un succès de librairie. Tant qu’à choisir un titre provocateur l’auteur aurait pu choisir « prophète », voire « homme de l’hombre » « éminence grise », ou « gorge profonde », « plutôt que « parrain », car Lambert, quoi que certains aient pu lui reprocher ne fut jamais mafieux, ni de près, ni de loin. Nous reviendrons prochainement sur cette biographie.