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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Antiquités imaginaires - Le Rocambole (n° 111-112)

Jean-Pierre Bacot

Ce que nous savons des temps très anciennes civilisations vient à la fois de nos études et des lectures d’ouvrages de fiction portant sur ces « antiquités imaginaires » qui font l’objet d’un grand dossier dans le dernier numéro (111-112, automne hiver 2025) de la revue le Rocambole. Claude Aziza et Daniel Compère ont dirigé cette recherche collective dont l’ampleur est une fois de plus, impressionnante.

Les découvertes de Babylone (Daniel Compère), la momie, «Starlette en bandelettes » (Claude Aziza), un roman d’Agatha Christie : La mort n’est pas une fin publié en 1944 (Éric Varin et Laurence Sudret), deux opus d’Alexandre Dumas oubliés et les Derniers jours de Pompéi (1834) de Bulwer Lytton (Claude Aziza), sans oublier une autre momie ressuscitée à la sauce spirite, Miriakris, amie d’enfance de Jésus de Paul Féval fils (1860-1933) (Marie Palewska) et pas moins de dix autres articles qui déclinent l’imaginaire mis à l’œuvre.

Ce travail sur « les antiquités imaginaires » est d’autant plus passionnant qu’il convoque sans doute pour beaucoup certaines de nos lectures d’enfance ou d’adolescence en même temps que nos cours d’histoire ancienne. Ainsi Daniel Compère, dans son article « Les Gaulois et les romans », rassemble les  écrivains que le thème de nos lointains ancêtres a pu inspirer, dont J.H. Rosny Ainé, et ne manque pas de finir sa recension avec le personnage d’Astérix. Cela lui permet également de mesurer dans la littérature étudiée le rapport entre l’effort documentaire et le travail de l’imagination.

En Varia, Francis Saint Martin réfléchit sur les prix attribués aux romans d’espionnage, ce qui lui donne l’occasion d’établir un panorama des éditions française spécialisées (Presses de la Cité, Fleuve Noir, Artima, l’Arabesque, ou Atlantic) et de leur concurrence après la deuxième guerre mondiale. Il note qu’à partir de 1970, le thème de l’espionnage mis en roman a commencé à passer de mode, pour revenir aujourd’hui dans des collections spécialisées peut-être moins populaires.

Au registre très rocambolien des écrivains oubliés, Roger Musnik nous parle d’Amédée Achard (1814-1875). Ce Marseillais commença à écrire dans les journaux, puis publia pas moins de cinquante romans, une quinzaine de pièces de théâtre et des dizaines d’autres œuvres, notamment des récits de voyage et des souvenirs de guerre et de révolution. Daniel Compère s’intéresse pour sa part au roman Guet-apens de Jules Mary (1851-1922) et Alfu à la Fée Huguette de Paul de Garros (1867-1923).

Quant au conte traditionnellement publié en fin de numéro, il est double et en lien avec le thème de l’antiquité, puisqu'il s'agit de  La Gladiatrice et dela Revanche de Vulcain, de Jean Richepin (1849-1926), deux textes très courts.

La revue nous renseigne également sur le développement de la bibliothèque de l’Association des Amis du Roman Populaire (AARP), sise à Amiens, qui vient d’intégrer des nouveaux locaux et s’enrichit régulièrement de dons. Il engrange souvent des documents rares, notamment des fascicules dont certains sont inconnus à la BNF. Il s’agit d’un lieu ouvert aux adhérents de l’association et aux chercheurs. Ses responsables ont commencé à numériser des revues destinées à la jeunesse, regroupées dans un kiosque Juventa.

Les prochains numéros seront consacrés à la deuxième partie de l’étude menée sur l’éditeur Fayard (1920-1980), à la collection Marabout, à San Antonio, au personnage de Tarzan et à la Bibliothèque verte, les éditions Rouff et autres sujets que la revue est la seule à traiter sérieusement.

Signalons pour conclure que Jean-Luc Buard prépare deux numéros spéciaux du Rocambole consacrés aux suppléments illustrés du Petit Parisien et du Petit Journal, que nous avons eu l’honneur de préfacer.

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