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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

« Héraults de la franc-maçonnerie au Siècle des Lumières », de François Labbé

Probable Caricature de Ramsay par Pier Leone Ghezzi
Probable caricature du Chevalier de Ramsay par Pier Leone Ghezzi

Jean-Pierre Bacot

François Labbé a bien voulu nous écrire récemment un article sur ce blog à propos de Louis-François de la Tierce. Voici, en complément un rapide compte-rendu de l’ouvrage qu’il vient de publier sur un sujet plus large et qu’il a eu la gentillesse de nous envoyer.

Dans son dernier livre publié aux éditions Symbolon, François Labbé nous présente d’abord sept portraits abondamment documentés de francs-maçons du XVIIIème siècle. Il commence par Louis-François de la Tierce (1699-1782), dont on ne sait pas grand-chose, sinon qu’il écrivit en 1744 deux versions d’un texte resté célèbre : Histoire, Obligations et Statuts de la très vénérable confraternité des Francs-Maçons, tirés de leurs archives et conformes aux traditions les plus anciennes. On lui doit également une adresse au Roi de Prusse.

Vient ensuite Jean De la Cour (1710-1725), moins connu, que Labbé définit comme journaliste traducteur, écrivain et homme de réseau. Il se montra très critique face à la situation sociale de l’Angleterre. Il s’éloignera de la maçonnerie lorsque les britanniques se divisèrent et installèrent des hauts-grades. Très présent à Francfort, il fut un passeur entre trois cultures et un véritable européen.

Claude-Étienne La Bauld de Nantes (1735-1792), né à Besançon, fut un personnage important de la franc-maçonnerie allemande très active à cette époque. Il fut également journaliste et écrivain polygraphe. Détesté des Jésuites, il s’occupera, entre autres activités, de l’Opéra de Francfort, puis partira à Berlin où il sera membre actif de la loge Royal York de l’Amitié, très attaché aux aspects philosophiques, moraux, caritatifs et éducatifs de sa fraternité.

François Labbé nous propose ensuite une étude intitulée « Cupidon en loge » pour regarder la manière dont l’Amour a inspiré les textes fondamentaux de la franc-maçonnerie au XVIIème siècle. Il nous présente Joseph Uriot (1713-1788), un Lorrain. Avec son épouse, née Nison Lebrun, il arrive en 1742 à Francfort, puis il s’en va à Bruxelles, avant de se fixer à Stuttgart, capitale du Wurtemberg, sous la protection des autorités, multipliant les textes vantant à la fois le respect de l’État et de L’Église, l’intérêt du cosmopolitisme et les beautés de l’amour fraternel.

Plusieurs portraits suivent, à commencer par celui d’« un pauvre diable en mal de situation », Joseph Dufresne de Francheville (1704-1781). Celui-ci voyagea dans plusieurs contrées d’une Germanie très divisée et composa de nombreux poèmes. Quant à Charles-François Radet, dit Chevalier de Beauchaine ( ?-1781), on lui doit d’avoir construit un rituel androgyne en 1740, mais aussi d’avoir créé, en 1747 l’Ordre des Fendeurs et fendeuses, une sorte de maçonnerie basée non plus sur la symbolique de la pierre, mais du bois, créations peu appréciées à l’époque, jugés fantaisistes, mais en réalité prémonitoires.

Bien plus connu, le Chevalier de Ramsay (1693-1743) est resté célèbre pour deux écrits que l’on peut considérer comme fondamentaux. Son discours prononcé le 26 décembre 1736 à la loge de Saint-Jean à Paris, est, avec les Constitutions de James Anderson, l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie. Auparavant, Ramsay avait publié en 1727 Les voyages de Cyrus, suivis par un discours sur la mythologie livre qui a inspiré l’imaginaire de plusieurs hauts grades.

Préfacé par Philippe Guglielmi, c’est un ouvrage très sérieux et fort dense que nous présente François Labbé. Il plonge dans l’esprit des Lumières maçonniques, d’avant la Révolution, encore chrétiennes, mais déjà libérales, s’appuyant cependant sur les souverains supposés éclairés comme Louis XV, Frédéric II de Prusse, Charles VII ou la Grande Catherine de Russie. Nous sommes en plein bouillonnement des idées et de l’imaginaire parareligieux.

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