Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
Le premier volume de cette histoire de la culture de masse en France, couvrant les années 1860-1930, a été rédigé par le regretté Dominique Kalifa (1957-2020). Il fut publié en 2021 par la Découverte dans la précieuse collection Repère et est toujours disponible. L’historien analysait les transformations qui ont eu lieu avec la naissance des journaux populaires sous le IIIème Empire, sans oublier la photographie, puis le cinéma, le music-hall, la radiodiffusion, la publicité, le sport-spectacle et les expositions universelles. Tout ce dispositif aura construit ce que l’on appelé une industrie culturelle et en même temps une industrie de l’imaginaire.
Presque en même temps s’est développé une critique de l’emprise qui s’effectuait sur les esprits, étant entendu que si la gestion d’un temps libre encore très restreint était en jeu, c’est aussi l’éducation populaire qui était favorisée. La limite de l’approche nationale apparaît cependant dans la mesure ou bien des formats notamment en matière de presse ont été inventée en Grande-Bretagne.
Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux viennent de prendre la suite de se ce travail, dans la même collection avec la période 1930-1990. La production massive de contenus et leur diffusion à grande échelle ont, sous trois républiques successives, également généré une critique de leur fonctionnement. Elle fut et reste liée à l’analyse des rapports entre les États et leurs Médias. Les auteurs s’intéressent également à la manière dont la culture française dut composer avec les modèles américains.
Quant à l’individualisation des pratiques culturelles, les auteurs la qualifient comme la quête paradoxale d’une singularité dans une culture massifiée. Mais les dernières années de la période étudiée s’intéressent également aux débuts de l’informatisation des médias et à leur privatisation.
On attend un troisième tome qui puisse prendre en compte le rôle des réseaux sociaux et des médias en ligne dans la production et la diffusion de la culture de masse. Tout ce qui est apparu à la fin de la période analysée par le tome 2 s’est amplifié, comme les pratiques de contournement et la création de médias critiques alternatifs, plus solides qu’on ne pouvait l’imaginer à leur création.
Ces deux petits volumes, comme la plupart des ouvrages parus dans cette collection Repères de la Découverte seront utiles aussi bien aux étudiant-e-s qu’aux instituteurs-trices et à toutes celles et ceux qui cherchent à mettre ce que nous vivons en perspective historique.