Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.
Le mensuel de la Libre Pensée (n°709, mars 2026) donne la parole à Yolande du Fayet de la Tour, présidente de l’association de la Parole aux Actes. Elle cherche à fédérer les associations, afin qu’aucun lieu où s’est exercée la criminalité pédophile ne soit oublié : milieu scolaire, périscolaire, mouvements de jeunesse. Quant à la Justice, c’est celle de la République qui doit statuer et non point les Conseils de l’Ordre ou les institutions ecclésiales. 330.000 victimes ont été recensées en Franc, nous a rappelé le rapport Sauvé.
Des victimes, il y en eut d’autres. La Raison revient sur les 6.000 fosses de la guerre d’Espagne, mais aussi sur les femmes irlandaises et leurs bébés martyrisés par les religieuses. L’interview précitée suit un papier de Clément Denuit sur le livre de Jean-Michel Traimond, Bible et sexe : la grande baise, parue aux éditions du Monde Libertaire, avec cette citation :
« L’ancien testament exhibe le sadisme de Dieu contre le masochisme de l’homme et le nouveau, le sadisme de l’homme contre le masochisme de Dieu ».
Parmi les nombreux articles courts, mais percutants qui parsèment le numéro, on notera un sondage de l’IFOP qui montre que le principe de laïcité reste soutenu par une large majorité de Français, mais un peu moins chez les jeunes, une reprise de Médiapart sur l’accroissement de l’immunité policière depuis dix ans et un encadré sur les ventes record de bibles aux Etats-Unis
Plusieurs notes de lecture sont également très intéressantes. Christian Eyschen chronique l’ouvrage de Thomas Snegaroff et Benjamin Stora France/Algérie, Anatomie d’une déchirure, paru aux éditions des Arènes. Il s’intéresse aussi au livre qui reprend l’histoire de La révolution prolétarienne (1925-2025)
« Une revue qui n’a pas observé le mouvement ouvrier, mais l’a vécu ».
Le même auteur a rédigé un dossier historique sur l’Affaire des Fuites qui secoua en 1949 la IVème République, en pleine guerre froide où il résume notamment l’ouvrage de Paul Marcus, la République trahie, l’affaire des fuites, 1954, Atlantica. Il s’agissait d’un document secret sur la politique française en Indochine dont ne sait pas encore précisément qui l’aura fait fuiter. Mais le but était clair : déstabiliser le régime républicain.
Dans la rubrique philosophie, Benoît Schenekenburger plaide pour les sceptiques de l’antiquité, estimant que le doute qu’ils professaient relevait d’un chemin vers la liberté. Suspendre de temps à autre son jugement peut certes nous amener de la tranquillité, comme dit l’auteur. Mais il aurait été bon de citer Descartes qui prit les sceptiques au piège dans ses célèbres méditations métaphysique (1841), en substance :
« Si je doute de tout, il est au moins une chose dont je ne doute pas, c’est de mon doute. »
On lira également avec intérêt l’hommage rendu par Jacky Paul à Hermann Hesse (1877-1962), romancier Allemand, puis Suisse qu’il propose de redécouvrir en le détachant des tentatives de certains biographes de rattacher cet écrivain humaniste à une sorte de spiritualisme. A chacun sa lecture du Jeu des perles de verre (1943).
Au rayon politique Patrice Umberto retrace la prise du pouvoir par le monde de la finance en France (2007-2025) et pose le trio Sarkozy, Hollande, Macron en adepte de l’arnaque comme système de gouvernement. Ceci relève déjà de l’histoire.
La Raison accompagne numéro après numéro le combat de la Libre Pensée, dans une logique culturelle et internationaliste, avec une constante attention au passé et au statut postcolonial de la société.