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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

De l'usage d'un prénom, d'un nom propre, d'un nom devenu sale, ou de trois à la fois, maçons que nous sommes...

Serait-ce un trop plein d'émotions des pleureuses et des pleureurs de crocodiles qui animent et organisent les ondes et squattent volontiers les images médiatiques ? Tous se sont vautrés unanimement dans une dimension proche d’une fraternité de l’intime, des journalistes main-Stream aux hommes et femmes politiques de gouvernement à de rares exceptions près, utilisant mille fois par jour le prénom de Quentin pour nommer, désigner, voire plaindre, le militant identitaire tué à Lyon dont ils ont omis volontairement de communiquer son nom propre pendant plusieurs jours... Pas de nom pour la distanciation et même pendant quelques jours un faux visage imprimé sur les banderoles des groupuscules nazis, propulsé par l’intelligence artificielle.

L’usage d’un prénom joue sciemment ou inconsciemment sur une volonté interpellative de proximité humaine, sur un appel à la compassion, un usage de paternalisme bon-papa aussi, compte tenu de l’âge du disparu qui pourrait presque appartenir à votre famille... La palme de l’indécence revient à Laurent Wauquiez, affichant un bandeau de deuil au frontispice de l’hôtel du Conseil régional qu’il préside. La région pleure l’un de ses fils...

De l'usage d'un prénom, d'un nom propre, d'un nom devenu sale, ou de trois à la fois, maçons que nous sommes...

Le nom propre vient le plus souvent avec un rapport sociétal au monde, la combinaison d’un patronyme et d’un prénom précise l’unicité d’une identité, pas mal me direz-vous, pour un partisan de l’identitaire... Mais restons sérieux.

Le prénom souligne la proximité avec la personne désignée, il peut aussi être attribué accolé à un chiffre pour prendre place unique avec faste et considération dans une lignée royale ou princière, voire l’arbre généalogique de la Papauté. Parfois, le prénom remplace le nom au Panthéon impérial. Ainsi, père de la Patrie et père de l’Eglise, on numérote les Louis et autres Philippe pour la postérité dynastique, Les Jean-Paul, François et les Jules pour les maîtres temporairement à vie de Saint-Pierre-de-Rome.

Pour la triste postérité d’un déshonneur partagé, l’Assemblée nationale s’est levée à la mémoire d’un prénom. Tous, sauf une représentante de la nation. La plupart des victimes d’assassinats commis par l’extrême-droite n’y ont pas eu droit, rappelez-vous. Des immigrés pour la plupart, des syndicalistes et même le rugbyman basque Frederico Martin Aramburu...

Par-delà les prénoms fleuves et les noms à particules, sous l’Ancien Régime les aristocrates étalaient leurs titres et les charges reçues du monarque dans l’identité familiale affichée. Au cœur du XVIIIe siècle, les propriétaires des nouvelles manufactures de la bourgeoisie naissante publient le prénom du fondateur de l’affaire et les prénoms de leur descendance pour marquer publiquement la transmission revendiquée des héritages. Parfois, seuls les patronymes des sociétés dites « Maisons » (Guerlain, Violet, Gaudin...) figurent en en-tête comme raison sociale, et leur progéniture est simplement annoncée pour leur succéder d’une façon générique et genrée, Félix Potin et Fils,  Christian Péligri et Filles...

Dans l’univers du spectacle théâtral ou musical, les artistes sont parfois désignés d’un pseudonyme servant pour le travail, comme Molière, et les comédiennes ou les favorites des rois peuvent être interpellées avec un « La » condescendant les désignant comme des femmes plutôt légères, La Clairon, La du Barry, La Pompadour, La Fantine...  L’usage s’est répandu dans les bourgs et les campagnes pour nommer les personnages charismatiques d’un territoire, l’article s’accole alors davantage à un surnom qu’à un patronyme enregistré.

Pour les praticiens de l’onomastique de la noblesse, l’art de l'étude des noms propres, de leur origine, leur signification, leur usage et leur fonctionnement, révèle les ascendances d’une famille, d’une terre, parfois d’un surnom, qui aurait correspondu au nom d’un métier ou d’une fonction devenus patronymes à part entière (Messieurs Planche, Lévêque, Poulet, Berger, Boulanger, Dubois...)

Au cours du XIXe siècle, les gens célèbres, notamment en littérature, sont nommés avec leur prénom et leur nom, comme Alfred de Musset, Victor Hugo, Gustave Flaubert, même George Sand, nul ignorant qu’il s’agit là d’un nom de plume et d’un genre emprunté...

Dans l’Histoire plus récente, certaines personnalités controversées ne répondent que par leur patronyme. C’est ainsi dans la longue liste des dirigeants et  des dictateurs, Montagnards, communistes, staliniens, fascistes ou nazis, les noms de baptême sont gommés, quid de Maximilien, Vladimir, Joseph, Benito, Adolph, Francisco... Pas d’affect, pas d’humanité possible. Pour les héros, les grands hommes et les grandes femmes de la Patrie, noms et prénoms avancent ensemble, au pas de deux et sans coupure sémantique, précisant volontairement ou non leur profonde humanité et leurs engagements déterminants, Georges Clémenceau, Charles de Gaulle, Josephine Baker, Jean Moulin, Jean Jaurès, Jeanne d’Arc, Olympe de Gouges, André Malraux, Simone Weil... François Mitterrand a très souvent eu droit au diptyque, au nom, peut-être, de son amour de la chose écrite, le nom et le prénom étant presque toujours donnés à lire sur les couvertures de livres... Pour les autres présidents de la Cinquième République, leur simple nom suffit à l’inventaire : Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, à force de vendre leur âme à la Finance, ils ont peut-être fourgué leurs petits noms de baptême avec, ou restent-ils gravés à jamais sur les colliers de servitude... Avant la seconde guerre mondiale, sur les plaques bleues des villes moyennes on pouvait découvrir le nom du premier président de la Troisième République, Adolphe Thiers au tympan de ses nombreuses avenues, places ou promenades, mais pour faire plus décent, on lui a ôté son petit-nom, au tueur de Communards... Rue Thiers, ça vous fait plus propre sur soi, faut pas garder le même petit-nom que le chancelier Nazi, quand même, cela n’est pas raisonnable... Ne pas confondre entre boucher total et boucher-à-moitié, non ?

De l'usage d'un prénom, d'un nom propre, d'un nom devenu sale, ou de trois à la fois, maçons que nous sommes...

C’est sale, Adolphe, avec un « e » ou sans « e », sale comme Paul Touvier, Pierre Laval ou Philippe Pétain, encore que pour le vieux maréchal dégradé, Phillipe Pétain correspond davantage au héros de Verdun, quant à Pétain tout court, le terme désigne le condamné à mort gracié, comme un numéro matricule...

Quand le peuple pleurniche, il implore les évangiles et les prénoms de leurs auteurs. Quand le peuple choisit d’être lâche,  il cherche des boucs-émissaires et se vautre dans la calomnie. Quand des politiciens et leurs communicants construisent des contre-vérités, ils visent à ressembler à leurs héros, bien malgré eux. Qui Doriot ? Qui Bigeard ? Qui Bonaparte ? Qui Le Pen ? Notre planète n’est pas avare de salopards disponibles pour des filiations impromptues ou pour d’impossibles parrains !

Un prénom et un nom accolés s’impose comme un acte de reconnaissance, un vague morceau d’Histoire, un outil pense-bête pour apprécier une juste valeur humaine. Le nom propre peut s’imposer, le nom sale s’installe avec le temps et sa patine, suivant la recherche historique, la volonté mémorielle, le jugement des hommes.

Pour les maçons et maçonnes que nous sommes, nous écrivons la première syllabe des prénoms et des noms, suivis des trois points triangulaires, signes reconnaissables d’une autre identification, d’une appartenance revendiquée et choisie. Frère, sœur,  comme une Appellation d’Origine Protégée provenant du choix d’en être... Ainsi dans la chaîne d’Union, les frères et les sœurs d’aujourd’hui rejoignent ceux et celles qui nous ont précédés, frères, sœurs, noms, prénoms, grades et qualités...

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A
Bravo pour ce texte. <br /> Ce que l'on sait désormais de la présence des services de renseignement sur place<br /> ne peut qu'en renforcer la nécessité.
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