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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Histoire des révoltes populaires en France XIIème-XXIème siècles Gérard Vindt

Heureuse initiative que cette nouvelle publication en format de poche par la Découverte dans la collection repères (11€) du livre que Gérard Vindt a consacré en 2021 à l’histoire de révoltes populaires en France. Il relève d’une mise en perspective de ce que certains auteurs ont analysé comme une modalité de la lutte des classes.

De la grande jacquerie dite des coqs rouges  en 1358, avec incendie des châteaux, aux gilets jaunes en 2018-2019 et un affrontement sur les Champs Elysées et en d’autres lieux, sans oublier la révolte des banlieues en 2023, plus récente encore, la liste est longue des moments d’affrontement du peuple en colère avec la police et/ou l’armée.

L’auteur commence par un essai de typologie des révoltes et mouvements sociaux en se demandant s’ils furent vraiment « populaires » et en notant la manière dont ils ont évolué avec la construction de l’Etat, puis du capitalisme. L’idée selon laquelle les rapports sociaux seraient de plus en plus policés tend à être battue en brèche par ce qui s’est produit ces dernières années

Le premier chapitre cherche à définir les adversaires : les manants contre les seigneurs, les territoires contre l’Etat. A partir de la Révolution c’est le pouvoir central et les géants bourgeois de l’économie qui deviennent lieux de détestation violente. Dans les dernières décennies, c’est l’Europe jugée trop contraignante qui est parfois visée, tandis que se développent des révoltes post coloniales et des révoltes de classes moyennes.

Trois types  problèmes provoquent les révoltes qui structurent le deuxième chapitre : l’injustice fiscale, la question alimentaire, l’insécurité des personnes et des biens, avec parfois des aspects religieux, avec l’exemple canonique des camisards cévenols.

« Qui se révolte ?» se demande  Gérard Vindt dans le troisième chapitre : le peuple des campagnes, celui des villes, les ouvriers, les classes moyennes indépendante, les jeunes, les colonisés et les acteurs des nouveaux mouvements sociaux, difficiles à définir.

Vient en suite la question du passage à l’acte de révolte, en dernier ressort. Puis se posent les problèmes des dirigeants des mouvements le choix des lieux et des moyens de se faire entendre, la prise en compte éthique de la question de la violence. Mais il ne faut pas oublier que les manifestations sont aussi des moments de fête, de convivialité et fraternité, même quand cela tourne au vinaigre.

Le dernier chapitre interroge l’attitude des autorités entre négociation et répression, avec un prix souvent lourd à payer  pour les révoltés, modulé par le soutien ou la réprobation de la population, la révolte étant appuyée  par une iconographie et des chansons, avant d’être mise en mémoire.

En conclusion, le livre revient sur les révoltes d’aujourd’hui, pour insister sur le fait qu’elles ne sont pas sans histoire. De plus, qu’il s’agisse des quartiers populaires, des Gilets jaunes, des Bonnets rouges bretons, ou des révoltes antiracistes et anticolonialistes, elles s’inscrivent désormais dans un contexte international.

Doté d’une chronologie et d’une solide bibliographie, cette édition qui multiplie les focales sous forme d’encadrés met à la disposition de toutes les bourses  un travail remarquable sur l’histoire d’une violence sociale répondant à celle du pouvoir.

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