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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Ovidie, « Slut Shaming. Faire payer les femmes »

Le mouvement #MeToo a porté la question de la domination masculine et des violences faites aux femmes auprès du grand public, si bien que les pionnières en études de genre (1) sont désormais rejointes par d’autres chercheuses. C’est le cas d’Ovidie, docteure en sciences humaines et humanités, qui, dans Slut Shaming. Faire payer les femmes (éditions La Découverte, 2026) revient sur le phénomène du « porno-chic », lorsque « les mondes du cinéma, de la télévision, de l’art, de la mode et de l’édition se sont enthousiasmés pour le sexe explicite » (p.27). Son ouvrage brosse le tableau de cette époque de la fin des années 1990 au milieu des années 2000, mais en analyse également les effets sur ces femmes, autrices, actrices de cinéma et de téléréalité, mannequins… qui ont été mises sur un piédestal pour, ensuite, être « slut shamées ». Ce « Slut Shaming » désigne « le fait de critiquer, stigmatiser, culpabiliser ou encore déconsidérer toute femme dont l’attitude, le comportement ou l’aspect physique sont jugés provocants, trop sexuels ou immoraux » (p.5), car pour la société « une putain reste une putain » et cette même société refuse d’admettre qu’« on peut être putain et penser en même temps » (p.24-25).
Ovidie, si elle se nourrit aussi de ses expériences personnelles, revient sur ce qu’ont vécu Nelly Arcan, écrivaine jamais écoutée, car enfermée dans son aspect physique ; Ilona Staller dite la Cicciolina spoliée de ses clichés explicites par Jeff Koons ; Loana de Loft Story réduite à une bimbo ayant fait l’amour dans une piscine sous les caméras ; Clara Morgane et Laure Sinclair toujours ramenées à leur passé d’actrices hard… Comme l’écrit l’autrice 

« On nous fera toujours payer ce que nous avons fait de notre corps » (p.120).

Enfin, poussant l’analyse de cette période, Ovidie prend ses distances avec le mouvement « pro-sexe ». Certes, elle reconnaît que ce mouvement a permis d’intégrer les questions de genre dans les débats publics et de lutter contre le « Slut Shaming ». Mais elle admet aussi qu’« on nous a persuadés que c’était ça le glamour : du sexe soi-disant décomplexé qui ne fait que reproduire les schémas de domination du reste de la société. Sauf qu’encore une fois, ce sont les dominants qui en ont profité » (p.102). L’ouvrage d’Ovidie est ainsi à la fois clair, documenté et précis. L’autrice apporte une utile contribution à la compréhension d’un passé tellement proche qu’il s’invite encore dans notre actualité.

 

P.S.: il faut lire les pages très pertinentes qu'Ovidie consacre à Loana Petrucciani découverte morte le

 

1.Marc Gauchée est docteur en études cinématographiques de l’Université Bordeaux-Montaigne, sa thèse a porté sur « La représentation des adolescentes et des jeunes femmes dans le cinéma français des années 1980 ».

2.Voir notamment pour le cinéma : Noël Burch et Geneviève Sellier, La Drôle de guerre des sexes du cinéma français : 1930-1956 (Nathan Université, 1996) et Geneviève Sellier, La Nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier (CNRS éditions, 2005).

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