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Blog d'étude critique et académique du fait maçonnique, complémentaire de la revue du même nom. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.

Revue des revues

Revue des revues

On se réjouira d’abord du retour de Quinzinzinzili, qui fête d’ailleurs son 50ème numéro à la mémoire de Régis Messac. C’est d’ailleurs le travail acharné de son petit-fils Olivier et de ses proches qui explique l’éclipse qu’a connue la revue. Il a fallu en effet construire à Coutances dans la Manche, où une rue porte le nom de l’écrivain, avec les élus locaux, un lieu de mémoire qui permette à la fois à la vie et à l’œuvre de ce personnage attachant, mort en déportation, de s’installer durablement. L’inauguration s’est inscrite dans le cadre du 80ème anniversaire de la libération des camps de la mort.

Ce numéro de reprise, largement pris en charge par Olivier Messac, est principalement consacré à la mémoire de chercheurs et/ou d’ami-e-s récemment décédé-e-s:

« Ce sont amis que vent emporte ».

Suit une charge contre la Bibliothèque Nationale de France qui offre à ces chercheurs des conditions de travail de plus en plus déplorables. On lira également avec intérêt l’article de Jean-Luc Buard sur le bicentenaire du Figaro qui a été célébré en janvier dernier. Ce titre, on le retrouve dans le mot-croisé de Milvane, composante traditionnelle du magazine, avec comme définition :

« 200 ans pour virer à droite toute ? »

Olivier Messac assure dans ce numéro un nombre impressionnant de notes de lecture. Littérature populaire, science-fiction, polar, tout y passe. Après 18 mois de silence, il fallait reprendre le fil. Entre temps a été publiée Les Origines littéraires des voyages dans la Lune et autres voyages extraordinaires de Régis Messac, ouvrage préfacé par Clément Pieyre et paru chez Ex Nihilo. Les temps restent durs, cependant et Quinzinzinzili, qui assurera sa présence au sixième festival Hypermondes de Mérignac les 26 et 27 septembre prochains, annonce passer de quatre à trois numéros annuels. On les attendra avec d’autant plus d’impatience.

Revue des revues

Le numéro 711 de La Raison (mai 2026) rend hommage à Alexandre Hébert (1921-2010), « Syndicaliste libre et laïque », dont nous avons plus d’une fois noté ici qu’il fut le leader de la branche anarchiste, minorité protégée de la Libre Pensée. Christian Eyschen publie la deuxième partie de son dossier où l’on comprend que les modes de cohabitation au sein du syndicat Force Ouvrière et de la Libre Pensée sont très proches, et ce d’autant plus que les doubles appartenances restent massives.

Philippe Besson consacre un article à l’offensive des religieux qui se trouvent dans la sphère d’influence de Donald Trump sans s’arrêter hélas sur le nouveau rapport de forces entre évangélistes et catholiques. Christian Eyschen chronique pour sa part l’ouvrage d’Alain Bauer intitulé Trump, le pouvoir des mots, publié chez First Éditions. L’auteur estime, et à juste titre, que derrière l’apparente folie d’un discours se trouve une volonté politique de communication organisée au service d’intérêts économiques bien compris.

Dominique Goussot s’interroge sur l’évolution de l’indépendance de la justice aux États-Unis et en Italie. Il estime que la protection de la justice par la constitution est en France en passe de craquer, même si la magistrature réagit fermement à toute tentative d’intimidation. Le problème est mondial et ce qui reste d’Organisation des Nations Unies s’en inquiète. Côté culture, on notera un hommage au peintre Zaō Wou-Ki par Alain Georges Leduc.

La Raison tente de mettre en actes ce que le Président de La Libre Pensée, Benoit Schneckenburger définit en tête de son éditorial sous le tryptique « Résister, penser, construire », ce qui passe entre autres par la réhabilitation du géographe anarchiste Elisée Reclus accusé sans preuve d’antisémitisme.

Revue des revues

Numéro après numéro, la Tribune des Athées s’attaque en couverture de sa dernière livraison (n°187) à l’avancée d’un nouvel obscurantisme dans les sciences, à commencer par la médecine.  Plusieurs articles déploient ensuite un athéisme joyeux. J. M. Sorbie rend hommage à Rabelais « pionnier de la liberté d’offenser », Marcel Délèze reprend la vielle question des ressorts de la foi et note en conclusion :

« L’effort principal doit porter sur la dissolution des liens affectifs afin de se mettre à l’abri de l’influence de la communauté qui exerce son emprise.» Autrement dit « les arguments rationnels ne peuvent à eux seuls repousser les religions dans les marges ».

Alain Georges Leduc (le même) a produit un ouvrage sur un peintre Yves Klein ou  la Pureté du pur. Il a été interviewé par Danielle Pinkstein pour Tribune Juive, article repris dans ce numéro. La culture contre l’obscurantisme constitue un élément de programme. Ce texte s’avère réjouissant? Par sa volonté de ne pas sombrer dans le pessimisme, face à la droitisation de la société, Leduc estime que ce sont in fine des écrivains comme Boris Pasternak, Anna Akhmatova et Nadejda Mandelstam qui auront eu la peau de Staline. Il ajoute que ce ne sont pas les réseaux a-sociaux qui nous aideront à sortir du trou.

Signalons également deux articles. Ronald Dworkin titille un paradoxe :

«  Peut-on être religieux sans croire en Dieu ? »

après lecture du livre de Joël Bourez Atheopedia. Il s’agit pour l’auteur d’adapter face au monde une attitude considérant que la vie a une valeur intrinsèque, que l’univers mérite respect et émerveillement et que certaines vérités morales s’imposent à nous. D’aucuns appelleraient cela l’humanisme. Quant à J.M. Sobrie, il revient sur le livre de Jean Grenier, Essai sur l’esprit d’orthodoxie, paru en 1967, dont il donne plusieurs extraits saisissants, dont celui-ci : 

« En somme, l’on peut assurer que le marxisme s’est décomposé en tant que croyance et qu’il n’a pu se maintenir et se propager que parce qu’il s’est transformé en orthodoxie ; de sorte que l’on a pu continuer à s’affirmer marxiste, tout en prenant le contre-pied de la pensée du maître ».

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