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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


O tempora, o mores (2/2)

Publié par Rédac' sur 6 Mai 2017, 19:41pm

Catégories : #articles

Julien Vercel

Épisode 2 : qui imagine le général de Gaulle allié de l’extrême droite ?

« Je suis fidèle à mes idées depuis mes débuts en politique, où j'étais engagé aux cotés de Philippe Séguin (...). Je suis gaulliste, social et républicain. Vous avez le choix, soit vous continuez avec ceux qui ont ruiné la France soit vous reprenez le pouvoir avec moi pour reconstruire une France juste et belle ». C’est par ces mots que Nicolas Dupont-Aignan se présentait lors du débat télévisé du 4 avril 2017. Sur son site, « la ligne gaulliste » est d’ailleurs la première entrée pour présenter « Ses idées ».

Et toutes ses déclarations insistaient bien sur ce qui séparait Debout la France du Front national : « Ma ligne est très simple : je suis patriote et gaulliste. Et les gaullistes ne peuvent pas s’allier à un parti dont Jean-Marie le Pen est toujours président d’honneur. Ce n’est pas possible » (iTélé, 4 octobre 2013) ; « Est-ce que vous avez envie de confier la France à la famille Le Pen ? Non » (Twitt, 27 avril 2014) ; « Assez de ces petites manœuvres de débauchage individuel, Debout la France reste un parti indépendant du système et des extrêmes » (twitt, 11 décembre 2015) et « Les Français qui me font confiance ont le droit de savoir où je me situe sur l’échiquier politique. Ce n’est pas au Front national. Lisez mon projet, vous verrez la différence. Je propose une rupture raisonnable. Il faut faire le ménage sans casser la vaisselle. Je vois bien les calculs de ceux qui à l’intérieur du mouvement lepéniste cherchent à m’annexer dans leur camp, mais c’est inutile. Je poursuis ma propre route. Le FN peut s’impatienter, continuer à me draguer ostensiblement, il perd son temps » (Paris Match, 29 septembre 2016).

Visiblement les temps changent.

Car c’est pourtant ce « gaulliste, social et républicain » qui vient de faire alliance, le 29 avril 2017, avec le Front national et, surtout, la promesse de devenir premier ministre si Marine Le Pen est élue présidente.

Ce « gaulliste » accepte donc de rejoindre le camp de ceux qui glorifient, dans les villes qu’ils dirigent, les assassins de l’Organisation armée secrète (OAS) fusillés après avoir tenté de tuer le général de Gaulle lors de l’attentat du Petit-Clamart (22 août 1962). Il accepte de s’allier avec un parti fondé notamment par Jean-Marie Le Pen et ces anciens de l’OAS : François Duprat et Roger Holeindre.

Nicolas Dupont-Aignan, tel Neville Chamberlain à son retour de la conférence de Munich de 1938 brandissant le traité signé, en est certain : « Le texte que nous allons signer éclaircit, infléchit le programme présidentiel de Marine le Pen et conditionne mon soutien ». Il est difficile de ne pas penser au concept d’« idiot utile », attribué à Lénine pour qualifier tous ces Occidentaux qui gobaient la propagande bolchevique comme parole d’Évangile.

Nicolas Dupont-Aignan est idiot, car il ne pèse que 4,7% face aux 21,3% de Marine Le Pen, les promesses de l’héritière de Montretout n’engagent donc que celui qui y croit. Surtout, et c’est là le drame, il est utile au Front national qui obtient ainsi  son premier allié depuis sa création en 1972 et l’instrumentalise au service d’une dynamique électorale. Sébastien Chenu, conseiller régional du Front national des Hauts-de-France, a cru percevoir ce qui unissait celui qui se disait gaulliste et celle qui se disait patriote : « Je crois qu'ils ont chacun la France au cœur ». Le 7 mai, nous risquons donc le haut-le-cœur.

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Julien Vercel 09/05/2017 08:40

très juste, merci pour ces précisions sur le sieur Chenu.

lazare-lag 06/05/2017 23:07

Que je sache, Sébastien Chenu cité en fin d'article vient lui aussi de l'UMP...
Le FN recycle donc des anciens UMP.
Et l'ironie de l'histoire veut aussi que l'UMP a recyclé des anciens FN qui recherchaient un peu de respectabilité.
Et j'espère que le 8 mai, jour férié pour cause de Victoire, nous puissions donc fêter dignement une victoire et donc, consécutivement,... une défaite.

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