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CRITICA MASONICA

CRITICA MASONICA

Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique.


Et Ferdinand Buisson inventa la laïcité

Publié par Rédac' sur 9 Novembre 2015, 19:49pm

Catégories : #livres

Et Ferdinand Buisson inventa la laïcité

Nous reviendrons sur les publications de Théolib, petite mais dynamique maison d’édition d’inspiration protestante libérale, comme son nom l’indique, et dirigée par Pierre-Yves Ruff. Ce dernier a préfacé un ouvrage fort intéressant consacré au rôle de Ferdinand Buisson (1841-1932) dans la construction de la laïcité en France : Ferdinand Buisson. Laïcité & autres textes pédagogiques. Extraits de « La Bible des hussards noirs » (collection « Sources laïques », 20 euros, 2015).

Avec ces extraits de La Bible des hussards noirs, Theolib qui propose sur son abondant catalogue l’intégrale en douze volumes du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire paru en 1911, présente plusieurs textes pédagogiques de Buisson extraits de cette somme, des textes qu’il est intéressant de relire aujourd’hui, dans la mesure où leur argumentation est toujours au cœur du débat sur l’école.

Considéré à tort comme membre du Grand orient de France (on ne prête qu'aux riches!), prix Nobel de la paix, fondateur de plusieurs organisations républicaines, partisan du vote des femmes, Buisson est le créateur de la notion de laïcité. Pierre-Yves Ruff nous explique comment ce concept est arrivée, en 1911, comme un « néologisme nécessaire », six ans après la loi de séparation des Églises et de l’État qui en offrait le soubassement et dans un contexte de violence idéologique, notamment à cause de l’affaire Dreyfus, ambiance tendue que l’on a du mal à imaginer rétrospectivement. Combattu, souvent insulté par les cléricaux catholiques, aussi bien que par les protestants intransigeants, Buisson s’est employé dans son Dictionnaire à doter le corps enseignant, hussards et hussardes, d’un ensemble argumentaire le plus complet possible. Le choix des textes proposés par Pierre-Yves Ruff alterne les approches théoriques, les plongées dans l’histoire des XVIIIe et XIXe siècles et les exposés pratiques. Il donne la mesure de l’ampleur de la tâche éditoriale, menée dans un but affirmé : doter la République de Républicains.

On ne peut certes pas dire que Ferdinand Buisson soit oublié, eu égard au nombre d’écoles et de rues qui maintiennent aujourd’hui son souvenir. Mais il n’est pas inutile de rappeler qu’il aura incarné, avec bien d’autres dont la mémoire est souvent effacée, la place majeure des protestants libéraux aux côtés des incroyants et de ceux qu’on appelait les israélites, dans la construction de l’école laïque.

On donnera un aperçu du style et du contenu du Dictionnaire avec ce petit extrait (Morale, p.128) :

« Bannissons donc de notre esprit cette superstition d’un catéchisme moral arrêté une fois pour toutes pour les hommes de tous les temps et de tous les pays. L’homme est un devenir, la société est un devenir ; la morale aussi. Elle n’est pas faite, elle se fait. Si elle n’évoluait pas d’aujourd’hui à demain, elle ne répondrait pas demain à des besoins qui dépasseront ceux d’aujourd’hui, au moins autant que ceux-ci ont dépassé les besoins d’hier ».

Grâce soit donc rendue, laïque, ni suffisante, ni sanctifiante, au travail de Pierre-Yves Ruff pour conserver la mémoire des textes sur lesquels se construisit l’école de la République à toute fin de pouvoir la maintenir, sinon la reconstruire.

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Jean-Pierre Bacot 24/11/2015 12:21

Dont acte
Merci de cette remarque
On a corrigé

Rédac' 13/11/2015 17:51

n lecteur nous envoie la "petite rectification nécessaire" suivante :
"Ferdinand Buisson a toujours été entouré de maçons, mais n'a jamais été membre du Grand orient (GO), ni de quelque obédience que ce soit. Cette rumeur fut répandue après qu'il soit intervenu dans une conférence publique tenue rue Cadet, en vue de la défense de Dreyfus".

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